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CD : belle « Nuit américaine » pour les Métaboles

CD – L’ensemble vocal Les Métaboles a sorti son nouveau disque « Nuit américaine » le 8 novembre, date de l’élection du nouveau président des Etats-Unis… un clin d’œil puisque ce disque est entièrement consacré aux compositeurs américains.

Créé en 2010 par Léo Warynski, chef formé par François-Xavier Roth et Pierre Cao, Les Métaboles réunit un groupe de jeunes chanteurs professionnels autour des répertoires des XXème et XXIème siècles pour chœur a cappella. Leur deuxième disque, «Une nuit américaine» (NoMadMusic), rassemble des compositions de Samuel Barber, Aaron Copland, Morton Feldman, Morten Lauridse, Steven Stucky et Eric Whitacre, compositeur né en 1970. Du célèbre « Agnus Dei » de Samuel Barber au « Sleep » de Whitacre, les œuvres choisies plongent l’auditeur dans une ambiance nocturne, apaisante et méditative.

Sur le papier, le fil conducteur pourrait paraître évident. Il n’en est rien car Les Métaboles ont réuni dans ce programme des compositeurs qui s’opposaient ouvertement comme Barber, Copland et Feldman. Sur leur carrière d’abord : on a d’un côté Copland et Barber, des compositeurs qui ont été largement soutenus et reconnus de leur vivant par les institutions des États-Unis. De l’autre, Feldman, l’outsider, l’autodidacte qui a mené une démarche expérimentale et qui a préféré fréquenter des peintres avant-gardistes plutôt que des musiciens professionnels ! Leur langage musical est également opposé. Celui de Barber est très conventionnel aux côtés de Feldman.

Passant outre ce mariage de raison, Les Métaboles parviennent à un bel équilibre dans « Une nuit américaine ». Mention spéciale pour le « Lux Aurique » de Eric Witacre envoutant et méditatif ou encore pour le « Christian Wolff in Cambridge » de Feldman. Cohésion, engagement et équilibre sont au rendez-vous. On est moins convaincu par l' »Agnus Dei » de Samuel Barber, un grand classique du classique, qui manque un peu de relief. Néanmoins, ce disque à la programmation audacieuse confirme la belle place prise pas les Métaboles.

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