Natalie Dessay, la lady in blue Natalie Dessay, Pictures of America (c) Bernard Martinez – Sony Classique Full view

Natalie Dessay, la lady in blue

CONCERT ET CD – La soprano présente à Biarritz « Pictures of America », un récital avec orchestre autour des peintures d’Edward Hopper.

Pas de robe à volants ni de paillettes. Pour son dernier projet discographique, « Pictures of America » (Sony), la soprano Natalie Dessay pose avec une robe bleue nuit à fleurs qu’on pourrait croire sortie de la série « Mad Men ». Ce programme dédié à l’Amérique des années 40/50 est aussi un spectacle qu’elle défend sur scène à la Gare du Midi de Biarritz.

« Pictures of America » associe la peinture, la poésie et la musique. En fond de scène sont projetées les tableaux immobiles et silencieux du peintre américain Edward Hopper (1882-1967) : une station service, une route qui se perd à l’horizon, une femme seule. Ces tableaux ont inspiré les textes de Claude Esteban (1935-2006) que Natalie Dessay lit en début de spectacle… des tableaux doublement illustrés par des partitions superbes signées de la compositrice française Graciane Finzi.

Comme dans « Mad Men », les femmes sont au centre de ce projet : la soprano, la compositrice et la chef d’orchestre Claire Gibault, qui a eu l’idée de ce mariage artistique. Elle est sur scène avec son orchestre, le Paris Mozart Orchestra et conduit avec autant d’engagement la musique moderne de Graciane Finzi que des mélodies de jazz signées Cole Porter, Duke Ellington ou Franck Sinatra et sélectionnées par Natalie Dessay. « L’idée du projet était de trouver le répertoire qui évoquera la même Amérique que celle de Hopper, explique Natalie Dessay. Quand j’ai vu « Soir bleu » avec ce clown j’ai tout de suite pensé à « Send in the Clowns » de Leonard Bernstein. J’écoute beaucoup ce répertoire du Great American Songbook. Les peintures de Hopper sont nostalgiques et m’ont porté naturellement vers des balades. Même les chansons plus rythmées comme « I feel pretty » ou « There’s no Business like Show Business » ont été arrangées dans ce sens. »

Les arrangeurs – Baptiste Trotignon par exemple – ont coupé une robe sur-mesure à Natalie Dessay. Cet esprit de solitude et de nostalgie mélancolique lui va très bien, gage d’une carrière arrivée à maturité, renouvelée par de premières expériences au théâtre en tant que récitante puis comédienne (elle tourne actuellement dans « Und », un monologue dramatique de l’Anglais Howard Barker). « Quand je chante « I feel pretty » tiré de West Side Story, poursuit la soprano, je ne peux pas le faire au premier degré, celui d’une fille de 20 ans. Je le fais comme la femme de 50 ans que je suis, qui s’amuse à se faire belle tout en sachant que c’est exagéré. »

Dimanche 5 février, 16h, La Gare Du Midi. 49 et 55 €. 05 59 22 19 19.

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