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Quatuor Arod : la fougue dans les cordes Le Quatuor Arod © Verena Chen - Alexandre Vu, Jordan Victoria, Corentin Apparailly, et Samy Rachid. Full view

Quatuor Arod : la fougue dans les cordes

PORTRAIT – Samedi au Grand-Théâtre, les amoureux du classique applaudiront un jeune quatuor à cordes, le Quatuor Arod, fondé par un Bordelais.

Samedi, il retournera au Grand-Théâtre non pas dans les coulisses mais sur la scène. Jordan Victoria est le premier violon du Quatuor Arod, le quatuor à cordes qu’il a fondé avec trois copains du Conservatoire national supérieur de musique (CNSM) de Paris en 2013. Jordan est né à Pessac d’un père ténor dans le chœur de l’Opéra de Bordeaux et d’une mère danseuse au ballet.

Le Grand-Théâtre « c’était un peu ma garderie », résume Jordan. « A 6 ans, j’écoutais depuis un balcon les opéras dans lesquels mon père chantait. Je me souviens d’une production incroyable de « Tosca ». Je trouvais ca un peu long mais j’aimais la musique ! » Porté par cet environnement familial, Jordan découvre le violon à 4 ans au Conservatoire de Bordeaux et est admis au Conservatoire supérieur de Paris à 16 ans. « Je ne connaissais pas le monde du quatuor avant d’arriver à Paris », admet Jordan.

« Jordan savait que j’arrivai au CNSM, raconte Corentin Apparailly, Toulousain d’origine et altiste du quatuor Arod. Il l’a su par mon oncle qui est professeur de violoncelle au Conservatoire de Bordeaux ! » Jordan et Corentin ont trouvé deux autres compères, Samy Rachid, violoncelliste et Alexandre Vu, deuxième violon. Moyenne d’âge : 25 ans. Le nom qu’ils ont choisi fait référence au destrier sans selle ni rênes du « Seigneur des Anneaux » ! Leur fougue les a conduit vers un sommet : ils ont remporté en septembre 2016 le prestigieux Concours de l’ARD, à Munich, un Premier prix qui n’avait pas été gagné par des Français depuis douze ans.
Pour Samy, le quatuor à cordes est une évidence : « c’est génial ! Le répertoire écrit est incroyable, avec un nombre impressionnant de chefs-d’œuvre. Beethoven, Mozart, Mendelssohn : tous sont d’accord pour dire qu’écrire pour le quatuor est ce qu’il y a de plus difficile. »

« Pour le concert de samedi, on n’a pas mal la pression », admet Jordan. Les parents, les professeurs, les amis seront là. « On a choisi un programme varié qui plait beaucoup et qui montre que nous savons jouer des choses différentes : le premier quatuor de Mozart (K. 80) jeune et frais, les expressives « 5 pièces « de Webern et le Quatuor opus 59 n°2 de Beethoven, plus musclé. »

Qu’ils soient à Nantes pour La Folle Journée ou en tournée au Danemark, les Arod publient des vidéos amusantes sur leur Facebook. « Notre génération a toujours vécu avec les réseaux sociaux, explique Corentin : c’est dans notre mode de vie. Le plus possible nous parlons du quotidien du quatuor, de notre identité au delà des concerts et des répétitions. C’est un moyen de montrer que le classique n’est pas aussi guindé qu’on le croit. Ca nous amuse de montrer une salle de concert traversée par le mini bichon havanais de Jordan, c’est notre mascotte ! » Sera-t-il lui aussi au Grand-Théâtre ?

Samedi 18 février, 20h, Grand-Théâtre. 8 à 30 €. 05 56 00 85 95. ET le 19 mars à Ludon Médoc. Article paru dans Sud Ouest sur 16 février 2017.

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