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Improviser ou composer ? Conférence musicale de Karol Beffa à Bordeaux

INTERVIEW – Le compositeur et maître de conférence Karol Beffa donne ce jeudi 27 avril à 20h à Bordeaux, une conférence, illustrée au piano, autour de la question de l’improvisation et de la composition. Il nous en donne un avant-goût.

Compositeur, pianiste et musicologue, Karol Beffa a été élu « meilleur compositeur » aux Victoires de la musique en 2013 et Grand Prix Lycéen des Compositeurs en 2016. Maître de conférence à l’École normale supérieure (Paris), c’est un acteur incontournable de la scène musicale contemporaine par ses œuvres, ses prises de positions sur la musique (qui ont initié des controverses) et ses ciné-concerts où il improvise. Il vient de publier « Parler, composer, jouer – Sept leçons sur la musique » aux éditions du Seuil.

Quelle différence entre improviser et composer ?
Karol Beffa : Les deux activités pourraient sembler très proches à la différence que l’improvisation se fait « dans l’instant ». Elle permet tout… sauf la gomme ! On considère par ailleurs comme « œuvre » une pièce achevée, parachevée, avec une partition et un point final quand la plupart des improvisations ne sont pas enregistrées. Souvent d’ailleurs je « console » l’auditeur qui s’en plaint à la sortie d’un concert en lui disant que la valeur de ce qu’il a entendu est plus grande puisque que la musique n’existe plus et qu’elle est donc rare.

A quel moment vous sentez-vous le plus créateur : quand vous composez ou quand vous improvisez ?
Karol Beffa : Bonne question ! Je suis plus heureux quand j’improvise. La composition se fait seul, génère l’angoisse de la page blanche, souvent la déprime voire la dépression. Au contraire, lorsque j’improvise, tout me parait serein, c’est une respiration. Mais je ne pourrais pas faire uniquement de l’improvisation car j’aurais le sentiment d’atteindre un point de frustration. Ecrire pour un chœur ou un orchestre ouvre des possibilités infinies. On ne peut pas improviser avec un chœur et un orchestre !

Quel est le sujet de votre nouveau livre ?
Karol Beffa : J’aborde notamment la question de comment parler de la musique, suite à mes leçons au Collège de France (en voir une ici). Il me semble possible de trouver une voix entre l’ineffable de la musique, le mystère sans mots possibles, et le discours ethnique sur la musique et l’usage de la métaphore par trop intrusive. Il est difficile par exemple de faire parler les musiciens souvent mutiques. Parler de la musique « à l’aveugle » – ce que vous faites dans la Tribune des critiques de disques – est encore autre chose. Il s’engage une sorte de compétition entre les critiques qui fabriquent un discours sur la musique… A l’origine de ce livre, j’ai pensé à celui de Pierre Bayard  « Comment parler des livres que l’on n’a pas lus » !

Conférence : jeudi 27 avril à 20h, Institut Bernard Magrez à Bordeaux. 6 et 12 €. Rencontre suivie d’une dégustation de vins Bernard Magrez.

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