Justin Taylor, jeune prince du clavecin Justin taylor© JB Millot 6 Full view

Justin Taylor, jeune prince du clavecin

INTERVIEW – Ce claveciniste surdoué de 24 ans donne en deux concerts ce week-end à Talence (33) l’intégrale des Sonates pour clavecin et violon de Bach avec Xavier-Julien Laferrière.

A 24 ans, Justin Taylor est déjà considéré comme un as dans sa catégorie : le clavecin. Repéré aux Victoires de la musique classique comme l’une des révélations de 2017, il a surtout remporté en 2016 le prestigieux Concours international de clavecin de Bruges. Il donne l’intégrale des Sonates de Bach avec le violoniste Xavier Julien-Laferrière. Rencontre.

Pourquoi un jeune de 24 ans s’intéresse-t-il au clavecin ?
J.T. : C’est sûr, ce n’est pas l’instrument qui a la cote au collège ! Je faisais déjà du piano quand j’ai découvert le clavecin : mes parents m’ont emmené à une conférence-concert à Angers, ma ville natale. Un coup de cœur ? Je ne sais pas mais j’étais très intrigué. J’ai pris des cours avec Françoise Marmin qui m’a ouvert à ce monde.

A côté du piano, le clavecin est parfois jugé moins expressif. Qu’en dites-vous ?
J.T : Je suis un très grand défenseur des nuances au clavecin ! Les deux instruments n’ont pas la même émission ce qui fait que la comparaison ne tient pas vraiment. Au clavecin les cordes sont pincées par un bec en tige de plume actionné par la touche… Tout se joue dans le petit laps de temps de ce pincement. Ce moment particulier, cette sensation très subtile : voilà ce qui me plait. Le clavecin est l’instrument de l’intimité et de l’extrême sensibilité.

Vous jouez les sonates de Bach « pour violon et clavecin »… ou « pour clavecin et violon » ?
J.T. : Grand débat (rires)… qui s’explique car ces œuvres sont particulières. Jusque-là, dans 90% des partitions de musique de chambre, la partie de clavecin ne comportait qu’une ligne, la main gauche, sous la forme d’un chiffrage qui ressemble un peu aux grilles des jazzmen d’aujourd’hui. Or pour ces sonates Bach écrit les deux mains, comme dans une pièce de clavecin. Il induit un dialogue entre le violon et la main droite, tandis que la main gauche joue le rôle de la basse appelé « le continuo » qui pose le cadre harmonique. Pour le claveciniste c’est un peu schizophrénique ! A jouer, c’est complexe, mais je ne m’en plains pas ! Heureusement, le public n’a pas besoin de comprendre ça pour apprécier.

Concerts : samedi 6 mai et dimanche 7 mai à 16h30, médiathèque de Talence. 07 68 24 86 24. 10 et 15 €. www.festesbaroques.com Master-classe de Justin Taylor (entrée libre) le 6 mai à 10h à l’école de musique de Talence.

Dernier album « La famille Forqueray » (Alpha).

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