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Une oeuvre/un interprète : la Messe de Notre-Dame par Dominique Vellard

UNE OEUVRE/UN INTERPRETE- Le directeur de l’ensemble Gilles Binchois a donné le 21 mai à Paris La Messe de Notre-Dame, de Guillaume de Machaut, œuvre emblématique de son travail sur la musique ancienne. Il nous en parle.

Pourquoi cette Messe est-elle emblématique pour vous ?
Dominique Vellard : L’œuvre en elle-même est emblématique, une référence dans l’histoire de la musique. Pour la première fois, toute la musique de la messe (Kyrie, Sanctus, Gloria, Credo, etc.) est pensée de bout en bout, comme une œuvre entière. En 1990 notre enregistrement de la Messe de Notre-Dame de Guillaume de Machaut (1300-1377). a eu un gros succès. J’avais toujours eu envie de la monter et j’ai attendu d’avoir trouvé l’équipe adéquate pour cela. Par rapport aux habitudes de l’époque, j’ai proposé une approche différente car je ne m’attachais pas seulement au côté novateur de la Messe : son côté rythmique captivait et captive toujours les compositeurs et le monde de la musique contemporaine. L’ensemble Gilles Binchois a proposé une lecture plus lisible, plus lyrique. Depuis nous l’avons chanté cent fois !

Vous souvenez-vous de votre premier contact avec cette musique ?
Jeune, je n’appréciais pas particulièrement la musique de Machaut ! Un été, je me suis plongé dans l’intégrale de sa musique. Ce que je lisais n’était pas ce que j’avais entendu. A cette époque, la Messe était rarement donnée par des spécialistes de la musique médiévale. Comme Harnoncourt et Herreweghe (chefs d’orchestre emblématiques du renouveau baroque, ndlr), l’ensemble Gilles Binchois dialoguait avec des musicologues. Et ses musiciens se consacraient largement au répertoire du Moyen-Age.

Vous redonnez fin mai cette Messe. La jouez-vous comme il y a trente ans ?
Non, pas tout à fait. Nous la chantons plus haut qu’à l’époque où nous la faisions avec le contre-ténor Andrés Scholl. Il avait une voix de tête capable de chanter très grave. Le velouté et la douceur de sa voix manquaient peut-être de fermeté. Aujourd’hui nous sommes plus vaillants… C’est difficile de juger (rires). Quand je réécoute le CD, je suis encore satisfait ! L’important pour moi aujourd’hui est de ne pas oublier ma première intuition. Je ne crois pas que l’on fasse de progrès en art. Il faut retrouver la fraîcheur de la découverte. Le danger d’un interprète de musique ancienne qui vieillit (rires) est de ne pas se remettre en question. Le pire serait de « refaire du Vellard » !

Article écrit pour le site de Mécénat Musical Société Générale, mécène de l’ensemble Gilles Bichois.

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