Le Quatuor Akilone : de Bordeaux au Japon 18813743_1406994206036478_1162684297559664655_n Full view

Le Quatuor Akilone : de Bordeaux au Japon

INTERVIEW – En mai 2016, un quatuor fraîchement formé remportait le Premier grand prix du Concours International de quatuors à Bordeaux. Les quatre filles du Quatuor Akilone sont de retour pour deux concerts pour le festival de quatuors de la ville. L’altiste Louise Desjardins, la violoncelliste Lucie Mercat, les violonistes Émeline Conce et Élise de Bendelac se sont rencontrées au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris en 2011. Les cours obligatoires de musique de chambre leur ont permis de réaliser à quel point l’aventure du quatuor les séduisait. En 2013, elles ont poursuivi leur formation via l’Académie Européenne de Musique de Chambre (ECMA). En 2016, ce Premier grand prix à Bordeaux a lancé leur carrière. Classique mais pas has been a réussi à interviewer Élise, de retour d’une tournée au Japon.

Le Concours de Bordeaux est-il un évènement fondateur pour votre quatuor ?

Il fera à jamais partie de notre histoire. Nous n’étions pas parties pour gagner le Grand prix ! Nous nous sommes inscrites car nous savions que ce concours était une étape importante à toute carrière de quatuor… sans y croire encore. Ça a tout changé, ou presque ! Nous avions déjà notre petite histoire mais là tout a pris de l’ampleur.

Qu’est-ce que ce Premier prix a changé pour le Quatuor Akilone ?
Le rythme d’abord. Nous sommes passées de vingt concerts dans de petites salles et avec notre propre réseau comme public, à une tournée qui s’étend jusqu’à 2018. Le Grand prix offre 35 dates de concerts dans le monde… c’est énorme. Nous revenons par exemple d’une semaine au Japon dans ce cadre. Nous avons été filmées par la télé japonaise. De manière générale, le Concours nous aura offert beaucoup de publicité.

Avez-vous toutes les quatre une œuvre fétiche ?
Pas encore. Nous avons quatre personnalités très différentes et un répertoire tellement vaste. Lucie, la violoncelliste, est plutôt baroque et classique, moi je suis plutôt romantique et musique française ! Nous fonctionnons de manière assez ouverte : il n’y a pas celle qui présente les concerts, celle qui parle aux médias, etc. Idem pour le répertoire. J’ai soumis « Ainsi la nuit » de Henri Dutilleux. Cette œuvre nous intriguait beaucoup avec son ambiance poétique particulière malgré une difficulté technique redoutable. Il n’y a rien de très métrique dans cette pièce, il faut trouver une osmose entre les quatre interprètes. Finalement ce quatuor nous a parlé à toutes les quatre ! Nous l’avons joué à Tokyo et nous le garderons avec nous cet été car beaucoup de programmateurs l’ont choisi.

Vous écrivez sur votre site avoir envie de faire bouger la forme du concert classique, c’est-à-dire ?
Vu de l’extérieur, le cadre du concert classique est un moment où le public est assis et attend que les interprètes viennent, jouent et repartent : nous avons envie d’aller plus loin, de montrer que le classique est universel car c’est d’abord une question d’émotions. Pour attraper le public et le retenir, il faut passer par les émotions, parfois par les mots, et donner plus d’humain. Nous participons par exemple aux Concerts de Poche : jouer dans des salles polyvalentes pour un public qui ne se sent pas concerné par le classique : ça nous parle !

Concerts bordelais
Samedi 10 Juin – 19h – Château Lafite Rothschild
Programme :
W. A. Mozart, Quatuor à cordes n° 5 en fa majeur, K 158
H. Dutilleux, Ainsi la nuit
L. van Beethoven, Quatuor à cordes en fa majeur op. 59 n° 1

Lundi 12 Juin – 18h – STATION AUSONE
Quatuor AKILONE et Anne LE BOZEC, piano
Programme :
W. A. Mozart, Quatuor à cordes n° 6 en si bémol majeur, K 159
A. Webern, Cinq Mouvements pour quatuor à cordes, op. 5
A. Dvořàk, Quintette pour piano en la majeur n° 2 op. 81

Festival Quatuors à Bordeaux, jusqu’au 15 Juin 2017.

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