Maxim Vengerov l’inimitable 20170418-Maxim-Vengerov-by-B-Ealovega Full view

Maxim Vengerov l’inimitable

PORTRAIT – L’immense violoniste russe vu par Stéphane Rougier, premier violon solo de l’Orchestre national de Bordeaux Aquitaine.

On le surnomme « le tsar du violon ». Pour la première fois à l’auditorium de Bordeaux, le violoniste russe Maxim Vengerov se produit en récital. Nombreux sont les fans de cet extraordinaire interprète, à commencer par Stéphane Rougier, premier violon solo de l’Orchestre national de Bordeaux Aquitaine : « Je l’ai vu pour la première fois à Tours. J’avais 12 ans et lui 10… Il avait déjà tout : la virtuosité, le talent et la personnalité. Il est un des rares violonistes qu’on peut reconnaître au bout de dix secondes d’écoute. »

« Il se produisait avec Vadim Repin (autre grand violoniste, ndlr) qui était l’élève comme lui de Zakhar Bron, se souvient Stéphane Rougier. Il a joué « La ronde des lutins »… c’était fabuleux. » Cette « Ronde des lutins », d’Antonio Bazzini est sans doute le morceau le plus virtuose du répertoire du violon… que Maxim Vengerov est réputé pour jouer à tout allure. Il l’interprètera dimanche à Bordeaux ainsi que la fameuse « Sonate pour violon et piano » de César Franck, la « Tzigane » de Ravel et deux pièces de Brahms, le tout accompagné par le pianiste Roustem Saïtkoulov.

Il rate une note
« Ce qui m’avait marqué lors de ce récital, poursuit Stéphane Rougier, c’est que le petit Maxim Vengerov avait raté une note et qu’à la pause, on entendait depuis la salle sa mère lui hurlé dessus… Vengerov c’est aussi cela : la surexploitation d’un talent. Il a d’ailleurs eu des problèmes de santé au bras en 2007. » Après avoir posé son violon pendant un long moment, le temps de se remettre physiquement de sa blessure… et psychologiquement d’une vie de prodige au rythme effréné : il donnait 150 concerts par an à 22 ans.

Agé de 42 ans, Vengerov est toujours un phénomène : « il y a une tension inégalable dans son jeu. Je dis « tension » au sens de « tension dramatique » car il ne force pas. Il fait corps avec son instrument. Si on cherche à l’imiter, on peut se faire très mal ! », commente en riant Stéphane Rougier qui malheureusement n’a pas pu obtenir de place pour le récital bordelais, déjà bien plein… « Si l’un de vos lecteurs a une place en trop, qu’il me contacte ! », glisse le violoniste-fan.

Dimanche 18 juin, 20h, auditorium. 8 à 50 €. 05 56 00 85 95. 32 et 82 euros.


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