Tcherniakov à Aix-en-Provence : Carmen par K.O. CARMEN (Dmitri Tcherniakov 27 juin 2017) - © Patrick Berger Full view

Tcherniakov à Aix-en-Provence : Carmen par K.O.

COMPTE-RENDU et TV – Le 4 juillet au festival d’art lyrique d’Aix-en-Provence, le metteur en scène russe Dimitri Tcherniakov réussit à proposer une nouvelle lecture de « Carmen ». Avec une mise en scène historique, il envoie au tapis toutes les productions précédentes ! A voir à Aix, en direct le 6 juillet sur Arte et France Musique.

L’amour enfant de Bohème, les remparts de Séville et le toréador : tout le monde connaît Carmen, l’opéra de George Bizet. Difficile alors de renouveler la lecture de cette histoire mythique. Pour le metteur en scène russe Dimitri Tcherniakov, Séville, les contrebandiers et compagnie sont devenus des « curiosités touristiques ». La bohémienne démoniaque ? « Un poncif assez mièvre ».

Sa Carmen présentée depuis mardi au festival d’art lyrique d’Aix-en-Provence réussit son objectif : elle met K.O. toutes les versions proposées jusque-là. Pour sauver son couple, à bout de souffle, Mikaela inscrit son fiance José à une thérapie immersive : dans une unique pièce qui ressemble à un grand hall d’hôtel, il devra « jouer à Carmen ».

Stéphanie d’Oustrac, la soprano française qui chante le rôle-titre, est absolument sublime : la voix, l’humour, le jeu : tout est là pour nous envouter. Don José – le ténor américain Michael Fabiano – est pris dans le filet de cette histoire improbable. Son trouble, son angoisse puis sa folie nous emportent autant que la musique toujours géniale de Bizet, servie honorablement par l’Orchestre de Paris dirigé par Pablo Heras-Casado. Le spectateur, totalement dérouté, ne peut que constater (avec bonheur !) que le mythe de Carmen le touche toujours en plein cœur.

A voir et à écouter en direct le jeudi 6 juillet à 20h55 sur Arte et France Musique.

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1 Comments

  • Horrible caricature de la mise en scène. Turpitude cynique. Pas un seul instant de grâce ! Pour nous qui habitons loin des grands théâtres, des grandes salles d’opéra, pouvoir « voir » un vrai spectacle d’opéra est une promesse de joie. Et voilà qu’on nous inflige une salle hideuse dans laquelle il va falloir, non pas « voir », mais laisser notre imagination « imaginer » la taverne de Lilas Pastia, ou le repaire de bandouliers, ou l’espace devant l’usine de cigarillos où travaille Carmen, cette femme qui sait dire sa féroce envie de liberté –pour l’époque de Mérimée…
    Tcherniakov, ce triste et inepte Tcherniakov salope tout ce personnage splendide.
    Non pas pour proposer une « nouvelle » perspective pour saisir ce drame… non, juste pour le saloper au milieu de notre salon.
    Ce décor stupide qui met la laideur dans notre séjour. Les « relations » névrotiques de participants à un séminaire d’entreprise qu’après avoir avalée toute la journée de CONSIGNES de MARKETING se défoulent avec un karaoké. Nous voyons trop souvent ce type d’accablement social pour « voir » le degré de fausseté de ce décor. A quoi bon forcer cette merveilleuse partition à entrer dans ce moule infecte ? Où est la grâce du texte chantée ? Est-ce que Henri Meilhac et Ludovic Halévy ont composé des texte si stupides ? Comment croire un chœur chanter assis et sans expression : « Le ciel ouvert, la vie errante, Pour pays l’univers, pour loi sa volonté, Et surtout la chose enivrante, La liberté ! la liberté !
    Que dire du « personnage » Don José, qui sans une once de talent scénique caresse les bras du fauteuil en cuir pour chanter «la fleur que tu m’avais jetée » comment le croire quand le texte dit « tu n’avais eu qu’à paraître,
    Qu’à jeter un regard sur moi,
    Pour t’emparer de tout mon être,
    Ô ma Carmen!
    Et j’étais une chose à toi Carmen, je t’aime! »
    Caresse les bras du fauteuil en cuir sans regarder Carmen…. « l’objet de sa passion » ?
    Ce pauvre et triste chanteur avoir l’air –pénétré- d’être un adolescent avec des gros problèmes d’identité ! Et puis aller se contorsionner contre une colonne de ce décor !
    Combien d’argent a été stupidement engloutie dans ce décor hideux ?
    Cette argent aura été mieux employée à la donner à des groupes de théâtre de nos provinces pour permettre des jeunes avoir un autre horizon que l’ignorance

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