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Saintes : Purcell, le royal et l’intime la reveuse- by N. Baruch Full view

Saintes : Purcell, le royal et l’intime

CONCERTS – Deux concerts du festival mettent aujourd’hui à l’honneur le célèbre compositeur anglais de l’époque baroque. Une occasion de réentendre son chef d’œuvre « Dido and Aeneas » et aussi de découvrir les rares et envoutantes « Devotional songs ».

Henri Purcell (1659-1695) est l’homme de la journée à Saintes ! Le plus célèbre des compositeurs anglais de l’époque baroque est à l’affiche de deux concerts. A 16h30, l’Académie baroque européenne d’Ambronay interprète le « tube » de Purcell : Dido and Aeneas. Le Centre culturel d’Ambronay est la cousine de la Cité musicale de Saintes. Comme l’Abbaye aux Dames, Ambronay accueille un festival et forme en son sein de jeunes musiciens. L’Académie baroque européenne d’Ambronay est, comme le Jeune Orchestre Atlantique, placée chaque année entre les mains d’un grand chef d’orchestre. Pour le programme Purcell, Paul Agnew des Arts Florissants dirige le célèbre opéra racontant les déboires de Didon, reine de Carthage, séduite puis abandonnée par le charmant et jeune héros, Enée… le tout entouré des sorcières et des magiciennes qui ont fait la réputation de Purcell.

« De Purcell, on connaît Dido and Aeneas et « King Arthur », on connaît rarement ces Devotional songs and anthems », constate Florence Bolton, qui assure avec Benjamin Perrot la direction artistique de l’ensemble La Rêveuse programmé à 22h. « Les recenser, les réunir et n’en choisir que huit pour les proposer en concert, a demandé du temps !, confie la joueuse de viole de gambe. Le texte de ces chansons, (« songs » en anglais) est tiré des psaumes de la bible, des textes religieux très lyriques, presque des poèmes. Ils évoquent la mort… dans l’idée, cher au XVIIe siècle, qu’à évoquer quotidiennement la mort on s’habitue à elle. » Purcell, comme beaucoup de ses contemporains, a été très souvent touché : il perd son père à 5 ans, puis quatre de ses six enfants. Lui même est mort à 36 ans. « Il compose ces « Songs » à 20 ans, un âge où l’on veut, me semble-t-il plutôt penser à la vie !, sourit Florence Bolton. Purcell a le gout pour choisir des textes riches d’affects et dont il peut tirer des effets dramatiques très forts. »

Florence Bolton s’est questionnée pour comprendre le contexte dans lequel ces « Songs » étaient chantées : « La première piste est : à la maison car le puritain Cromwell, chef de l’Angleterre, avait encouragé ses sujets à pratiquer chez eux. Mais ces pièces sont composées pour trois voix d’hommes, et exigent un certain niveau d’excellence. Ce qui me porte à croire que Purcell les destinait aux chanteurs professionnels de la Cour. » Le choix des chanteurs est donc d’une grande importance pour la réussite de ce concert. La Rêveuse s’entourent de trois fidèles compagnons de route : les ténors Jeffrey Thompson et Romain Bockler et la basse Geoffroy Buffière.

Mercredi 19 juillet à 16h30 et 22h à l’abbatiale. 8 à 38 euros. Places à 1 euro pour les moins de 18 ans accompagnés d’un adulte. www.festivaldesaintes.org et 05 46 97 48 48.

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