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Nathanaël Gouin : « la musique de Christian Lauba m’enchante »

INTERVIEW – Au festival Les Nuits d’été de Saint-Médard (Gironde) qui associe jazz et classique, le pianiste toulousain Nathanaël Gouin joue des pièces de Liszt, Gershwin et du compositeur contemporain Christian Lauba, directeur artistique du festival. En 2012 au Festival Le Printemps des Arts de Monte Carlo, le pianiste avait créé « Scat » de Christian Lauba. Personnellement, j’aime beaucoup sa musique qui mêle classique et jazz, une musique à la fois séduisante et complexe. Je voulais savoir si le pianiste partageait mon point de vue ! Rencontre.

Mélanger le classique et le jazz est-ce naturel pour vous ?
N.G. : Oui ! Je n’ai jamais considéré qu’il y avait une frontière étanche entre les deux styles. Sans doute car j’ai toujours improvisé au piano. J’écris beaucoup de musiques et tout commence par une improvisation. Or, l’improvisation est souvent ce qui différencie les pianistes de jazz des pianistes classiques. Cela est dû à notre formation. Même si je sais improviser et que j’aime cela, je ne m’y risquerais pas au concert… Par manque de confiance. Ma seule frontière est là ! Car sinon, j’adore le jazz ET le classique.

Christian Lauba ©LeHaillan

Jeudi vous associer Gershwin, Liszt et Lauba, des composteurs très différents…
N.G. Étonnamment, leurs musiques fonctionnement très bien ensemble. Les « Trois préludes pour piano » de George Gershwin sont structurés comme une sonate classique, en trois mouvements : le premier et le dernier dans un style assez vif et dansant, le deuxième plus hypnotisant avec des harmonies qui tournoient sur elles-mêmes. « Scat » de Christian Lauba (pièce créé par Nathanaël Gouin en 2012 au Festival Printemps des arts de Monte Carlo, ndlr) s’inspire du jazz de Gershwin en associant un langage moderne, très virtuose… La virtuosité nous amène naturellement à la « Pensée des morts » de Liszt, que je jouerai aussi jeudi. Avec le saxophoniste Richard Ducros nous ferons entendre aussi la « Broadway Suite pour saxophone et piano » de Lauba, elle aussi très virtuose. Je n’aurai pas osé une telle association si Christian Lauba ne me l’avait suggéré !

Comment jugez vous la musique de Christian Lauba ?
N.G. Extrêmement difficile à jouer ! (rires) Tous les musiciens ont cette sensation, surtout les saxophonistes. Ses combinaisons de rythmes, souvent rapides, sont un vrai défi. Le public, lui, ne s’en rend pas forcément compte : la musique de Lauba a cette capacité à vous attraper par l’oreille et à vous emmener à travers une histoire. Chaque fois que je joue « Scat » en concert, des spectateurs me disent à quel point ils ont été agréablement surpris. Souvent, ils savaient peur d’écouter de la musique moderne… Son langage qui picore aux frontières du jazz et de la modernité atonale, m’enchante.

Propos recueillis par Séverine Garnier

LE PROGRAMME DU FESTIVAL
La comédienne Brigitte Fossey ouvre ce soir le festival Les Nuits d’été de Saint-Médard-en-Jalles. Cette grande mélomane donne une « lecture sur piano », accompagnée par le pianiste Tristan Pfaff. (20H30 Carré des Jalles). Jeudi, le festival propose sa « Nuit américaine » (voir ci-contre) pour finir, vendredi 8 par une soirée swing gratuite et en plein air : le Big Band de Franck Dijeau et ses 17 musiciens font revivre la grand époque du swing américain des années 1940-50 (19h30, parc de l’ingénieur).
Les 6, 7 et 8 septembre. 6 et 15 €. Billets au 07 81 95 22 42.

Article paru dans Sud Ouest du 6 septembre 2017.

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