« La Vie parisienne » à Bordeaux : du hip-hop à l’opéra Photo Roberto Giostra Full view

« La Vie parisienne » à Bordeaux : du hip-hop à l’opéra

REPORTAGE – L’Opéra de Bordeaux ouvre sa saison par une nouvelle production : « La Vie Parisienne » d’Offenbach, clin d’œil à la LGV.

« Je viens du bitume, l’opéra je n’avais pas les codes », se souvient Kader Attou. Le danseur hip-hop a été embarqué par Marc Minkowski, directeur de l’Opéra de Bordeaux dans une drôle d’aventure, « La Vie Parisienne », opéra-bouffe de Jacques Offenbach, qui ouvre la saison lyrique au Grand-Théâtre. « La Vie Parisienne, poursuit Attou m’évoquait de manière vague le french can-can et des soirs de 31 décembre à la télévision »… Depuis trois mois qu’il travaille sur la chorégraphie de cette opérette, il a changé d’avis : « C’est le tournis ! »

Le hip-hop de Kader Attou et les danseurs du Ballet de Bordeaux qu’il dirige sur cette nouvelle production ont un atout commun : la virtuosité. « Il ne faut pas tomber dans le côté potiche, prévient néanmoins Kader Attou. Une musique qui bondit n’a pas besoin de danseurs qui bondissent. » En 2013, pour le festival Novart, Kader Attou « performait » sur le parvis du Grand Théâtre. Le voilà passer « du bitume au plateau ! s’amuse Le directeur du Centre chorégraphique national de La Rochelle. Le plateau c’était un rêve pour nous les danseurs hip-hop. » En souvenir de ce temps-là, les danseurs descendront à l’entracte danser sur le parvis, accompagnée par une musique electro inspirée d’Offenbach.

A l’heure où Paris est à deux heures de Bordeaux, le propos de « La Vie Parisienne » (1866) est du pain béni : Offenbach signe autant une déclaration d’amour à Paris qu’une critique de ses excès. Le premier acte se déroule sur un quai de gare réduit par des échafaudages… Les dandy d’hier, héros de l’histoire, sont les « hipsters » d’aujourd’hui. Le Brésilien nouveau riche (« Je suis Brésilien j’ai de l’or ») pourrait venir aujourd’hui du Qatar. « C’est surtout pour Offenbach le moyen de se moquer des bourgeois, se réjouit Kader Attou. « Je ne danse que pour interroger, bousculer et surtout ne pas céder à la tentation de plaire, de faire consensus. » Immigré allemand et juif, Offenbach n’avait pas non plus les codes de l’opéra français. Il l’a pourtant transformé et prouvé que l’excellence musicale n’excluait pas l’humour.

Du 23 septembre au 1er octobre. 8 à 110€. 05 56 00 85 95. Le lundi 26 à 20h retransmis en direct sur grand écran sur La place de la comédie.

 

Leave a comment