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C’est le meilleur ténor du monde ! JONAS KAUFMANN 5 SEPT 2017 cc Gregor Hohenberg Full view

C’est le meilleur ténor du monde !

PORTRAIT – Chanteur lyrique superstar, Jonas Kaufmann est à l’affiche du «Don Carlos» à l’Opéra de Paris et publie une disque consacré au répertoire lyrique français. Tous le monde lui dit : « Je t’aime » !

Dans les couloirs de l’opéra Bastille, lundi dernier, les fans attendent avec fébrilité. La superstar de l’opéra, le ténor Jonas Kaufmann tient le rôle-titre de « Don Carlos » de Verdi. Ils ont réservé six mois à l’avance pour entendre en live celui qu’ils appellent affectueusement « Jonas », en faisant attention à le prononcer « yonas », à l’allemande.

Pour toutes les maisons d’opéra de la planète, Jonas Kaufmann est « le » plus grand ténor du moment. A 48 ans, il est capable de remplir une salle sur son nom, phénomène que l’on n’avait pas constaté depuis les ténors Roberto Alagna, de 6 ans son aîné, et Plácido Domingo dont Kaufmann est le digne héritier. Pourquoi tant de succès ? « C’est paraît-il une combinaison particulière, nous explique avec simplicité Jonas Kaufmann lors d’une des interviews minutées qu’il accorde avec parcimonie : la voix, la technique, le physique et le jeu d’acteur. »

Les maisons d’opéra se l’arrachent
« Jonas Kaufmann peut tout chanter, commente un spécialiste du lyrique, aussi bien un grand opéra de Wagner comme « Lohengrin » qu’un opéra intimiste comme « Werther » de Massenet. Il chante toutes les langues sans accent. Sa voix a la chaleur du baryton et les aigus du ténor. Il est tout-terrain et haut de gamme… c’est un 4X4 fabriqué par Bentley (rires) … avec des allures de Ferrari car il est aussi très beau ! » Pour s’offrir Jonas Kaufmann, les maisons d’opéra déboursent autour d’une centaine de milliers d’euros pour un récital ou pour ses sept représentations à Bastille. Et s’y prendre cinq ans à l’avance.

L’Opéra de Paris programme régulièrement Jonas Kaufmann dans des productions qui poussent le chanteur à se dépasser, comme ce « Don Carlos » de Verdi dont il tient le rôle-titre. A l’affiche depuis le 10 octobre, la production diffusée ce soir sur Arte et dans les cinémas UGC (lire ici) est un Everest lyrique : quatre heures de grand spectacle signé Verdi. « Don Carlos est le rôle le plus difficile de mon répertoire, a confié Jonas Kaufmann au lendemain de la première. Le prince Don Carlos est souvent sur scène mais n’a pas de « grand air »… alors que les autres personnages ont tous des tubes à chanter ! »

Dans la scène d’ouverture de l’opéra, le ténor doit tout de même « sortir » quatre notes hyper aiguës tout en ayant l’air de chanter une mélodie ! Dans ces numéros d’équilibriste, le Bavarois révèle tout son génie. « Don Carlos est « un personnage fragile, brisé par une passion contrariée… un psy aurait beaucoup à faire, commente-t-il dans un bel éclat de rire, mais c’est beaucoup plus intéressant que de jouer les hommes forts et victorieux. »

Amoureux de l’opéra Français
Autre défi : l’Opéra de Paris a choisi de présenter la version originale de l’opéra de Verdi, en français. Habitué à chanter ce rôle en italien, Jonas Kaufmann a dû apprendre le texte français sur des mélodies déjà mémorisées, du fil à retordre pour ce travailleur acharné. Mais il aime le français, qu’il parle très bien. Après ses disques d’or consacrés au répertoire allemand et italien, il a dédié à notre langue son dernier enregistrement : « L’opéra » (Sony) met à l’honneur Massenet, Berlioz, Bizet ou encore Offenbach. « Le répertoire français a toujours été là dans ma carrière… avec de grands moments comme le « Werther » à l’Opéra de Paris en 2010, ou encore Carmen à l’été 2016 aux Chorégies d’Orange. Le style français, c’est la délicatesse et la noblesse. » Jonas Kaufmann est-il vraiment né en Allemagne ?

Article paru le 19 octobre 2017 dans Le Parisien.

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