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Constance Malta-Bey, étoile filante de l’opéra

PORTRAIT – La jeune soprano Constance Malta-Bey est en récital vendredi midi au Grand Théâtre avec des airs d’opéra et des mélodies.

Si Constance Malta-Bey est une nouvelle étoile du chant lyrique, c’est une étoile filante. Cette soprano, qui donne vendredi midi un récital au Grand Théâtre de Bordeaux, a franchi à une vitesse étonnante les étapes menant à une carrière de chanteuse d’opéra. « Enfant j’ai fait de la danse, de la clarinette et de l’alto, mais je viens d’une famille où les études supérieures sont importantes : je me suis donc inscrite en fac de médecine », à Lille, sa région natale.

En attendant de devenir médecin, Constance ne perd pas de vue ses explorations artistiques. « Après la première année de fac, particulièrement exigeante, je suis retournée à l’école de musique. » Le directeur de l’établissement repère la jolie voix de Constance et l’intègre au chœur de l’école. « J’avais peur de chanter toute seule. Je ne savais pas chanter directement la partition, je travaillais surtout de mémoire. » Qu’à cela ne tienne : elle découvre Mozart, Bach, tout en planchant sur l’anatomie et la bactériologie. « J’étais en sixième année de médecine et on me disait que c’était dommage que je devienne médecin », s’amuse Constance.

Médecin ou chanteuse ?
C’est avec l’opérette qu’elle aura le déclic : « Avec une troupe d’amis à Lille, nous avons monté « Mesdames de la Halle » de Jacques Offenbach. La soprano qui tenait un premier rôle a déclaré forfait une heure avant le lever de rideau. Je l’ai remplacée : je connaissais son rôle par cœur, à l’oreille. C’est à ce moment-là que j’ai su que je voulais en faire mon métier. » Constance prend alors un virage à 360 degrés : renoncer à un poste de médecin pour le chant. « Finalement j’ai fait les choses à l’envers, résume la soprano. J’ai fait le plus dur – monter sur scène – et après j’ai réalisé le travail nécessaire !

Pour se former, elle travaille auprès du chef d’orchestre Philippe Herreweghe, spécialiste de Bach, puis intègre le Chœur de l’Opéra de Bordeaux, où elle posera ses valises. L’été 2017 sera un cap : elle est recrutée pour participer à « Musiques en fête ». Ce concert de grandes voix, retransmis en direct des Chorégies d’Orange sur France 3, est regardé par des milliers de spectateurs. « C’était du pur bonheur, se souvient Constance. J’ai adoré l’atmosphère du théâtre antique avec ses milliers de spectateurs. Cette foule, paradoxalement, m’a rassurée. »

Un récital de tubes
A côté d’autres chanteurs bien plus expérimentés qu’elle (dont les Bordelais Aude Extremo et Florian Sempey), Constance défend ses qualités : une belle puissance vocale, une facilité dans le jeu et une grande capacité de travail. Depuis des mois elle prépare son récital bordelais avec le pianiste Jean-Marc Fontana. « J’ai mis autant des airs d’opéras que des mélodies, des coups de cœur… et des tubes ! Comme je suis venue au chant assez tard, je ne suis pas encore lassée de ces airs archiconnus comme « La Truite » de Schubert, « Si mes vers avaient des ailes » de Reynaldo Hahn, ou encore « Je veux vivre », l’air de la Juliette de Gounod. Elle ajoute également quelques pépites comme cet air de Thérèse dans « Les mamelles de Tirésias », un « air féministe par excellence », souligne Constance, jeune femme de son temps. « Et c’est ouvert aux enfants », précise cette jeune maman. Elle a raison de le rappeler : un concert court, un florilège de tubes, pendant les vacances scolaires et dans le cadre magique du Grand Théâtre : ce récital est l’occasion idéale pour faire découvrir le chant à toute la famille… et attraper une étoile avant qu’elle ne file.

Vendredi 27 octobre, 12h30, Grand-Théâtre. 10 € et 1 € pour les moins de 26 ans. 05 56 00 85 95.


Article paru dans Sud Ouest du 25 octobre 2017.

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