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François Meïmoun : « J’ai imaginé un chant créateur »

PORTRAIT – L’Orchestre National Bordeaux-Aquitaine fera entendre jeudi les « Chants de la création » signée du jeune compositeur François Meïmoun.

Il a le vent en poupe. François Meïmoun recevra demain le Grand prix « jeune compositeur » de la Sacem (Société des auteurs) après avoir été honoré la semaine dernière par l’Institut de France. L’Orchestre National Bordeaux Aquitaine et son chef Paul Daniel donneront jeudi soir la première exécution de sa dernière œuvre : « Chants de la Création ».
Depuis dix ans, François Meïmou, 36 ans, reçoit des commandes de formations musicales, comme l’Orchestre Philharmonique de Radio-France en 2014. Mais jamais encore il n’avait eu à écrire une partition aussi conséquente que celle commandée par l’Orchestre National Bordeaux Aquitaine : « Charles Guivarch, administrateur de l’orchestre à l’époque, voulait une grande pièce qui mobilise les 96 musiciens de l’ONBA. » 96 lignes de musiques à entrelacer savamment : voilà pourquoi les 25 minutes de musique de « Chants de la Création » lui auront demandé huit mois de travail… « Et encore, j’ai travaillé vite, nous assure François Meïmoun. Ce genre de pièce demande un an de travail.»

Le bruit du Big Bang
L’inspiration de ce « Chant de la Création » remonte à loin dans l’histoire de François Meïmoun et dans l’Histoire tout court : « une question m’obsède, explique-t-il. Quel son a pu donner le Big Bang ? Si, pour nommer la création du monde, on utilise une expression qui évoque un bruit (« bang ! »), quel est-il ? » Pour répondre à cette question, François Meïmoun a consulté les textes anciens comme « l’ancien testament » et « la kabbale », livre de la mystique juive. « La création vient de la parole de Dieu – « Que la lumière soit » – alors j’ai imaginé un chant créateur, la naissance du ciel et de la terre puis celle de la lumière… Je sais : dit comme ca, c’est un peu mégalo ! » Derrière le trait d’humour se cache une conviction : « spiritualité et musique sont inséparables. Même si, au quotidien, composer est très concret – un stylo, du papier, un ordinateur, un instrument – la musique se met au service du plus profond. Le cynisme et l’ironie de certaines musiques ne sont pas pour moi. »

Ce retour aux sources de la musique est propre à cette jeune génération qui tente de faire oublier l’idée d’une musique contemporaine déroutante voire hostile à l’oreille : « Mes compositeurs fétiches sont Chopin, Mozart et surtout Ravel. Après la guerre, les compositeurs comme Pierre Boulez dénigraient Ravel. Mes compositions comportent des harmonies, des mélodies, des thèmes… qui étaient mal vus il y a encore vingt ans. Les choses ont changé. Nous vivons une période de synthèse entre les différentes traditions de la musique savante. L’époque est très ouverte, un peu comme la Renaissance. Il n’y a plus d’idéologie : la voie est libre ! Les jeunes compositeurs qui arrivent dans ma classe au Conservatoire de Paris sont beaucoup plus libres que je ne l’étais. »

Jeudi 30 novembre 20h, auditorium. 8 à 50 €. 05 56 00 85 95. Rencontre avec François Meïmoun et Paul Daniel le mardi 28 novembre, 18h au Grand-théâtre (4€).


Article paru dans Sud Ouest Dimanche 26 novembre 2017.

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