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« Maria By Callas », le documentaire

CINEMA – « Maria By Callas ». Fan de Maria Callas, Ton Volf signe un documentaire qui donne la parole à la diva absolue.

La vie de Maria Callas ferait un très bon scénario de fiction. Pour réaliser « MariaByCallas », un documentaire exclusivement fait d’archives, Tom Volf, n’a eu qu’à suivre le fil de l’histoire. Enfance chaotique dans une famille pauvre. Mère manipulatrice qui dénigre son physique mais la pousse vers la musique. Un talent exceptionnel révélé par une force de travail rageuse. Une silhouette dessinée par un régime draconien. Les robes, les bijoux, les fleurs, les avions, les journalistes, une princesse, les stars de cinéma, un armateur richissime, la femme d’un président américain, la trahison, la chute.

Les documentaires sur Maria Callas sont légion, mais ils servent en général très mal son histoire et son art. L’auteur du documentaire « Maria By Callas » vient briser les codes, car Tom Volf n’est pas un réalisateur mais un fan. Un fan absolu de La Callas. Il y a quatre ans encore, Tom n’était qu’un jeune étudiant français perdu dans les rues de New York, qui par hasard entra au Metropolitan opera. Ce fut un choc. Une fois chez lui, il a dévoré des vidéos sur le net. Maria Callas est apparue et la vie de Tom Volf a basculé.

En quatre ans, il aura tout lu et tout vu de ce qu’il reste de Maria Callas : les disques, quelques vidéos, les interviews, les livres, un film peu convaincant (« Médée » de Pasolini) et des photos. Il va rencontrer les amis, collecter les Super8, les archives télé, comme cette interview du journaliste américain David Frost en 1970, fil conducteur de « Maria By Callas ». « By Callas » car Maria parle d’elle. « Que veut dire être une légende ?, s’exclame Maria. C’est le public qui m’a faite. Je ne suis qu’un humain. » Sa carrière derrière elle, n’a plus rien à prouver, plus de regrets. Elle parle avec une franchise surprenante. Elle n’extrapole aucun succès, n’évite aucun moment de faiblesse, analyse les controverses avec sang-froid, évoque avec humour sa vie intime, le sacrifice qui a fait que « Maria » est devenue « Callas ».

Dans ce récit à la première personne se glissent des lettres lues par Fanny Ardant et des images d’archives toutes colorées pour alléger la nostalgie incontournable. Le rythme est dicté par les succès lyriques – quelques moments chantés, délicatement choisis et donnés en intégralité – et les « Une » de la presse « people » de 1948. Au gala parisien de Maria Callas à l’Opéra Garnier se pressent Brigitte Bardot, Le Prince Edouard, Juliette Greco, Omar Sharif, Catherine Deneuve et Françoise Dorléac. Sur le yacht d’Onassis, elle s’amuse avec Grace Kelly, au festival de Cannes, elle est au bras de Jean Cocteau. Aux journalistes et dans ses lettres, elle s’évoque avec une retenue princière, très grande dame des années 50. Sur scène, la voix de La Callas est portée par un corps tout entier dédié à l’émotion. Tom Volf livre un travail considérable et réussit à nous faire entendre la voix de Maria Callas.

**** « Maria By Callas », documentaire de Tom Volf. Durée : 1h53.


Article paru dans Su Ouest du dimanche 10 décembre

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