Adam Laloum, l’intime de Brahms _AHO1658d_by Harald Hoffman Full view

Adam Laloum, l’intime de Brahms

CONCERT et CD – Le brillant pianiste Adam Laloum sera le soliste du deuxième Concerto pour piano de Brahms jeudi soir à l’auditorium de Bordeaux, au moment ou sort son enregistrement des deux concertos.

Quand il parle des concertos de Brahms, le buste frêle et les longues mains d’Adam Laloum semblent à la fois contenus et agités. Une fois devant le piano, le corps du pianiste français se déploie avec force, grâce et agilité. Adam Laloum, l’un des meilleurs pianistes français de la scène internationale, est l’intime de Brahms. Soliste instrumental de l’année aux Victoires de la musique classique en 2017, il a joué et enregistré la musique pour piano seul et la musique de chambre de Brahms (deux disques parus chez Mirare). Il a tout récemment enregistré ces deux concertos pour piano, un rêve qu’il nourrit depuis l’enfance et un évènement qui marque les débuts de sa collaboration avec le label Sony.

A Bordeaux jeudi soir, Adam Laloum jouera avec l’Orchestre national Bordeaux Aquitaine dirigé par Jaime Martin, le deuxième Concerto pour piano de Brahms, en si bémol majeur, sans doute son préféré. « Dans le Concerto n°2, je sens beaucoup de joie et de bonheur, confie le pianiste, plus que dans le premier concerto. Cette joie est mêlée de mélancolie, d’une manière très subtile, ce qui rend cette partition riche en sentiments. » Déjà en 2012, Adam Laloum avait offert la musique de Brahms aux mélomanes bordelais, les « Klavierstücke », des pièces d’un romantisme exacerbé et d’une difficulté technique redoutable, tout comme le Concerto n°2. « La musique de Brahms n’est jamais confortable », réponds simplement Adam Laloum. On ne peut pas se permettre de s’y sentir trop bien ! » Celui qui souligne la « noblesse » et « l’écriture fantaisiste » de ce Concerto possède toutes les qualités pour les révéler.

Jeudi 22 mars 20h, auditorium de Bordeaux. 27 à 50 euros. 05 56 00 85 95.

Un disque en demi-teinte
A prendre en main le disque d’Adam Laloum, on se regrette d’abord les pochettes de ses précédents disques chez Mirare. Finis les décors de forets somptueuses et les architectures aux couleurs chaudes : bienvenue dans la rigueur et la froideur d’une pochette classique bien trop classique. La prise de son est aussi blanche et nette que la pochette… on aurait pu vouloir une pointe de douceur. La proposition musicale est heureusement bien plus alléchante. On retrouve le toucher subtil, puissant et profond d’Adam Laloum. Il est vraiment l’intime de ce compositeur dont il semble comprendre toutes les intentions, dans le premier comme dans le second concerto. Les phrases s’enchainent, captivantes, dans les profondeurs du Premier et dans la lumière du Second, dans les interrogations romantiques comme dans les passages fougueux. Dommage que l’orchestre ne navigue pas avec autant d’aisance dans ces concertos de Brahms. Le chef Kazuki Yamada à la tête du Rundfunk Sinfonieorchester Berlin semble diriger un navire un peu trop lourd, qui certes, va à bon port mais qui vire mal et ne file pas sur les flots brahmsiens !

 

Article paru en partie dans Sud Ouest du 20 mars 2018.

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