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Bruno Philippe : « Le violoncelliste a un égo moins mal placé »

INTERVIEW – Il y a un an, le violoncelliste Bruno Philippe participait avec quatre autres français au Concours Reine Elisabeth : Yan Levionnois, Aurélien Pascal, arrivé quatrième et Victor Julien-Laferrière, arrivé premier. Un marathon pour eux, un moment de fierté pour nous car le violoncelle français a brillé largement. Né en 1993 à Perpignan, Bruno Philippe est arrivé en finale. Entouré de Yann et Aurélien, il donne un récital à trois violoncelle le jeudi 5 juillet au château Ormes de Pez à Saint Estèphe (33) dans les cadre des Estivales de Musique en Médoc. Un concert unique qui est l’occasion d’un retour sur cette drôle d’expérience.


Comment avez vous construit ce récital à trois violoncelles ?

Bruno Philippe : Nous les violoncellistes, on a peu de répertoire mais il est très beau ! Nous nous sommes partagé des pièces solo : je commence par une Suite de Bach, Yann suit avec une pièce de Ginastera. Nous jouerons un duo d’Offenbach, qui est, on l’ignore souvent, un compositeur important pour les violoncellistes. Il en jouait dans la fosse de l’Opéra-Comique à Paris, et, frustré d’être dans la fosse, il a écrit un concerto pour violoncelle particulièrement difficile et des solo et duo pour accompagner le musicien tout au long de son apprentissage. Il y aura aussi des pièces avec le pianiste Hervé N’Kaoua et une pièce à trois ! Ce programme original permet de montrer toute la virtuosité de l’instrument, l’étendu du répertoire à différentes époques.

Quels souvenirs gardés-vous du Concours Reine Elisabeth 2017 ?
Très bons même si ce Concours est très difficile à cause de sa longueur : nous avons du rester un mois sur place. Bien sûr, on félicite Victor ! Qu’on ait le premier prix ou pas, le Concours offre beaucoup d’opportunité par la suite. J’ai plus de concerts en Europe, notamment des concertos avec orchestre. Le suivi médiatique fait que les spectateurs s’attachent aux candidats et souhaitent ensuite les entendre. Disons que dans une carrière, ca accélère le mouvement !

Y’-a-t-il une école française du violoncelle ?
Fameuse question (rires) ! Tous les quatre, nous avons étudié à l’étranger : Victor Julien-Laferrière à Vienne, Yan Levionnois à New-York, Aurélien Pascal et moi en Allemagne. A mes yeux, il n’y a plus d’école russe, allemande, française car tout le monde a accès aux enregistrements via internet. C’était vrai il y a 50 ans. D’ailleurs, dans ces concours internationaux c’est difficile de dire d’où vient tel ou tel musicien. Néanmoins, les Français avons un héritage évident, une connaissance du contexte qui nous aide dans Debussy, Ravel car nous nous inscrivons dans une tradition. Nos professeurs ont connu les violoncellistes qui ont « fait » ce répertoire, les Gendron, Tortelier, Navarra.

La concurrence est d’autant plus rude alors ?
On peut le voir comme ca mais, déjà, nous ne jouons pas du piano ou du violon (rires). Les violoncellistes ont beaucoup moins l’esprit de compétition. Aussi car le violoncelle n’est pas un soliste ou alors tardivement dans l’histoire de la musique. Il est avant tout un partenaire, une basse continue à l’époque baroque. Le violoncelliste a un égo moins mal placé que chez d’autres instrumentistes ! D’ailleurs, l’ambiance au Concours Reine Élisabeth était plutôt bonne enfant. Bien sûr nous étions très stressés, très fatigués mais l’enjeu était par rapport à soi pas par rapport à la performance de l’autre. Je n’étais pas dans la peur qu’un autre joue mieux que moi. D’autant que ceux sont tous des musiciens que je respecte et j’adore ce qu’ils font. Je suis contents pour eux, sincèrement. L’important est qu’une jeune génération de violoncellistes ait été repérée.

A lire également : le témoignage de Victor Julien-Laferrière

1 Comments

  • Bernard Fierens Gevaert on

    Je voudrais confirmer les propos de Bruno Philippe : tous les violoncellistes qui se sont présentés au Concours Reine Elisabeth étaient de formidables musiciens, ainsi que de merveilleuses et attachantes personnalités, qu’elles que soit leur classement. Le Concours est long, c’est dès lors une épreuve d’endurance physique et psychologique. Mais le public suit ces candidats depuis Les éliminatoires jusqu’en finales et encore après lors des « Concerts des Lauréats » et des galas de clôture. Il apprend à les connaître, s’y attache, attend avec impatience leurs futurs concerts et leur discographie, et parfois entame une longue relation personnelle voire amicale avec l’un ou l’autre de ces candidats. Et il est vrai que Victor-Julien Laferrière, Yan Levionnois, Aurélien Pascal et Bruno Philippe ont laissés un merveilleux souvenir en Belgique, ont forgé de belles amitiés, et seront toujours accueillis avec chaleur et enthousiasme dans notre pays.

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