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Félicien Brut : « l’accordéon est l’image de la France ouverte »

INTERVIEW – Félicien Brut veut sortir l’accordéon des clichés. Né en Auvergne où il découvre le bal musette, il ose briser les frontières et s’associer avec des musiciens classiques : « Le pari des bretelles », son spectacle, est en concert à Salles pour les Escapades Musicales du Bassin d’Arcachon. Rencontre.

L’accordéon : musette ou classique ?
C’est tout le problème de l’accordéon ! D’un côté, les accordéonistes classiques se plaignent que le bal musette ait imposé une image horrible, ringarde, nationaliste, de l’instrument. De l’autre, les accordéonistes de bal musette, l’univers d’où je viens, détestent les profs de conservatoire ! « Le Pari des bretelles » les réconcilie.

Comment êtes-vous passé du musette au classique…
A Bordeaux notamment ! J’ai intégré le Cefedem (aujourd’hui le Pole Supérieur de Musique, ndlr) pour passer mon diplôme de prof. J’ai découvert le classique avec l’accordéoniste Bruno Maurice et les autres étudiants… tout en faisant des bals musette le dimanche. Bruno était contre (rires). Cela m’a beaucoup interpellé. Et puis, il y a eu Richard Galliano, qui a fait bouger les frontières. « Le Pari des bretelles » mélange des thèmes musette et des arrangements classique… comme le faisait Schubert, Brahms et Bartók avec des mélodies populaires tzigane, hongroises, etc.

Pas d’accordéon franchouillard alors ?
Autant je n’ai pas de problème avec l’idée que le musette est ringard. Le ringard peut redevenir à la mode ! Par contre, les relents nationalistes autour de l’accordéon me contrarient : c’est mal connaitre l’histoire. Lors de l’exode rural au début du XXe siècle, les Auvergnats arrivent à Paris avec des petites cornemuse qu’on appelle musettes. Dans leurs cafés du quartier Bastille, les immigrés font la fête avec leurs danses : la polka des Polonais, le pasodoble des Espagnols, la rumba de Cubains, le fox trot des Américains. La musette est remplacée par l’accordéon des Italiens car il est musicalement plus riche. L’accordéon incarne le style multiculturel par excellence. C’est l’image de la France ouverte.

Prochains concerts :
Vendredi 22 juin, château de Salles (33). 10 et 20 euros. Lesescapadesmusicales.com
Et aussi le 20 juin à Branne (33) en duo avec Edouard Macarez (contrebasse).

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