Parlez-vous baroque ? [15] [19] Banquet Céleste © Julien Benhamou Full view

Parlez-vous baroque ?

LEXIQUE – Haute-contre, continuo, madrigal… vous n’y comprenez rien ? Damien Guillon, directeur de l’ensemble Le Banquet Celeste, en concert ce soir à l’abbaye, nous explique tout !

La musique baroque, jouée en majorité / vénérée au Festival de Saintes, utilise un vocabulaire particulier. Bien sûr, il n’est pas nécessaire de le connaître pour apprécier la musique mais utile pour mieux comprendre ce qui ce joue sur scène. Damien Guillon, contre-ténor et directeur de l’ensemble Le Banquet Celeste donne deux concerts, ce soir et jeudi. Entre deux répétitions, il nous aide à comprendre.

C’est quoi… un contre-ténor ?
Damien Guillon : Un contre-ténor est un chanteur qui utilise une technique particulière. Je ne chante pas avec ma voix naturelle, celle de ma voix parlée, qui est grave. J’utilise ma voix de tête dite « de fausset » dont la hauteur se situe entre celle de la soprano et du ténor. Pour le répertoire baroque français on parle de haute-contre.

Comment fait-on du chanté-dirigé ?
Avec un nombre limité de musiciens ! Le programme que nous donnons avec Le Banquet Céleste mobilise un petit groupe : quatre instrumentistes pour le continuo et quatre chanteurs, dont moi. Il n’est pas nécessaire d’avoir un chef pour, par exemple assurer les départs (la première note, que tous les musiciens doivent faire ensemble, ndlr) je peux diriger tout en chantant.

Quel musicien assure le continuo ?
Le continuo ou basse continue est une ligne écrite sur les partitions baroques. Au clavecin, on va la jouer à la main gauche, sur la partie grave du clavier. A côté des notes sont inscrits des chiffres indiquant une harmonie, un accord si vous préférez. On va improviser à la main droite sur cette harmonie. Un seul musicien peut jouer le continuo mais parfois plusieurs : pour notre programme de ce soir, « Affetti Amorosi », nous avons un clavecin, une harpe, un théorbe et un violoncelle. Ils jouent tous la même chose « à la main gauche » et improvisent « à la main droite ». Suivant le texte – douloureux ou combattif – je mobilise plus ou moins de musiciens.

Un madrigal, des madrigaux ?
Oui ! Un madrigal est une poésie mise en musique pour 3 à 5 musiciens. Nous allons faire entendre avec « Affetti amorosi » une sélection d’airs de madrigal du compositeur baroque italien Frescobaldi. Frescobaldi était claveciniste et organiste à Saint-Pierre de Rome. Il a écrit beaucoup de musique sacrée et, de temps en temps, des airs qui ressemblent à de l’opéra. L’opéra, à cette époque, entre 1615 et 1630, n’existe pas encore en tant que tel. Ces madrigaux sont de la musique expérimentale !

Madrigaux : aujourd’hui, 22h, Abbatiale de la Cité musicale. 14 à 18 euros.
Cantates : jeudi 19 juillet à 12h30. Abbatiale de la Cité musicale. 27 à 38 euros. Tarif réduit : 8 euros. 1 euros pour les moins de 18 ans. 05 46 97 48 48.
Article paru dans Sud Ouest du 17 juillet.

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