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Hugo Reyne : « je mets le public dans ma poche » HR – © Emmanuel Gabily HD – copie Full view

Hugo Reyne : « je mets le public dans ma poche »

FESTIVAL DE SAINTES – A la tête de son ensemble La Symphonie du Marais, le chef Hugo Reyne dirige ce soir dans les jardins de l’Abbaye, la « Water Music » de Haendel. Un concert gratuit. Rencontre avec un passionné.

Heureux de revenir à Saintes ?
Bien sûr ! Ce lieu, cette pierre me rappellent de bons souvenirs. Le festival de Saintes est très important, car c’est l’un des plus anciens festivals de musique de France. J’y suis venu à 16 ans, en 1977, à l’époque où Alain Pacquier le dirigeait, pour faire un stage avec les pionniers du renouveau de la musique baroque. Je suis revenu avec Jean-Claude Magloire (décédé en 2018, à qui le festival est dédié, ndlr). Je me souviens d’avoir passer une nuit en voiture avec Philippe Herreweghe pour rallier Saintes depuis Aix-en-Provence et faire la Cantate pour BWV 39… En arrivant, on nous donne du pain alors que nous avions juste besoin d’un lit (rires). Plus tard je suis venu enseigner. J’ai plein d’anecdotes ! Je suis très content d’avoir échafaudé le concert gratuit de ce soir dans les jardins de l’Abbaye. C’est un honneur.

Pourquoi la « Water Music » porte ce nom ?
Cette « musique de l’eau » a été donnée le 17 juillet 1717 – que des 7 ! – pour redorer le blason du roi, George 1er, un Allemand jugé taciturne par les Anglais. Ses ministres décident d’organiser une croisière sur la Tamise, du cœur de Londres à Chelsea, les spectateurs et les 50 musiciens étant sur des bateaux. J’aurai aimé le faire sur la Charente… mais en plein air ce n’est déjà pas simple pour des instruments anciens. D’un point de vue musical, la « Water Music » a été l’occasion de grandes innovations, comme de mettre des cors de chasse dans un orchestre. Ca commence par les trompettes, comme les trois coups avant une pièce de théâtre…

Vous avez une manière toute personnelle de présenter cette œuvre…
Je vais parti de l’A.C.C.G., l’Association contre les concerts guindés (rires) ! Oui, il faut décoincer l’exercice, en faire plus. C’est la marque de fabrique de la Symphonie du Marais. J’essaye de mettre le public dans ma poche. Avant de jouer j’installe une l’ambiance, comme si nous allions nous aussi partir en bateau… les mouettes, la Tamise, les changements de paysages, les forets. Je dirige et je joue (de la flûte, ndlr) pour montrer que le chef n’est pas l’homme qui bouge les bras sans qu’on comprenne à quoi il sert. Les musiciens sont tout aussi impliqués. Je suis capable de leur demander de jouer un petit solo, de manière impromptue. Ils sont habitués à mes folies passagères. L’important est d’être à la hauteur de Haendel. C’est quand même Haendel !

Est-ce que le roi George a été emballé ?
Oui ! Il redemandé à jouer trois fois la musique. George n’était pas connu pour un être un fêtard et pourtant il est rentré à 4h du matin… car il fallait attendre la marée (rires).

Ce soir, 21h30, abbatiale (repli pour cause de mauvais temps).
Article paru dans Sud Ouest du 19 juillet.

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