« Issé », l’opéra du mousquetaire les-surprises-dir-cp.-ludo-leleu.jpg Full view

« Issé », l’opéra du mousquetaire

FESTIVAL DE SAINTES – Le Festival fait entendre ce soir « Issé » un opéra oublié que l’ensemble Les Surprises a ressuscité. Rencontre avec Louis-Noël Bestion de Camboulas, son directeur.

Qui est André Cardinal Destouches ?

Sa vie est assez cocasse d’abord car il n’était pas musicien du tout. Il est né en 1672 et fut élevé à paris par les jésuites. A 15 ans, il part en Asie avec les missionnaires, une mission diplomatique pour rencontrer le roi de Siam.

A vingt ans, il devient un mousquetaire. Il n’a pas dû beaucoup se battre, un privilège de la noblesse, car c’est à la guerre qu’il commence la musique. Il a un ami très musicien, le futur prince de Monaco… dont on peut soupçonner qu’il était aussi son amant. Dans leurs correspondance, ils se donnent des petits noms : le Prince appelle Destouches « mon petit poulet d’argent » (rires). Grâce au Prince, il présente à Louis XIV son premier opéra : Issé.

Quel fut l’avis de Louis XIV ?

Le roi était très content. Son compositeur favori, Jean-Baptiste Lully est mort 15 ans plus tôt et il commente l’opéra en disant qu’aucune musique ne lui a autant plu depuis Lully. On a oublié Destouches au profit de Lully et Rameau. Entres les deux, il a une période oubliée où se développe le travail de Campra et de Destouches. Sa musique n’a pas encore les caractères de Rameau, exubérant, passionné. Mais je préfère Destouches à Lully car il y a ce grain de folie qu’on trouvera chez Rameau.

Après cette création, à Fontainebleau en 1697, l’opéra sera repris de nombreuses fois, lors des concerts de la reine, chez la Pompadour, à l’Académie Royale de musique.

Que raconte Issé ?

C’est une pastorale héroïque, un genre typique de cette période, qui navigue entre le tragique et le comique, la foire et je dirai… le naïf. « Issé » met en miroir, des amants heureux et des amants malheureux, et relate l’amour entre la nymphe Issé et Apollon, qui ne doit pas lui révéler qu’il est un dieu. Le public de 1797 en a marre des tragédies lyriques qui durent trois heures donc Destouches mise sur un peu de légèreté… et juste 1h30 de musique seulement !

Vendredi 20 juillet , 19h30, Abbatiale de la Cité musicale. 35 à 49 euros. Tarif réduit : 8 euros. 1 euros pour les moins de 18 ans. 05 46 97 48 48.

Leave a comment