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Consort Brouillamini : l’Art de la Flûte

COMPTE-RENDU – Ensemble uniquement composé de Flûtes à Bec à la manière du XVème siècle, le Consort Brouillamini présentait son dernier album, consacré à J.S Bach, le 9 août dans l’église perchée sur les hauteurs volcaniques de Miremont (Puy-de-Dôme) pour le festival « Bach en Combrailles ».

La présence du Consort Brouillamini au Festival « Bach en Combrailles » (à la dernière minute en remplacement du récital de la violoniste Alice Julien-Leferrière, malade) est une évidence : ce groupe de cinq musiciens propose des transcriptions personnelles d’œuvres de Jean-Sébastien Bach cinq flûtes à bec, de différentes tailles et sonorités.

« Consort » composé de flûtistes issus du Conservatoire Supérieur de Musique de Lyon, les Brouillamini ont repris cette pratique d’ensemble d’une même famille d’instrument perdue depuis la fin de la Renaissance. Ne trouvant qu’un répertoire réduit, les cinq musiciens (Élise Ferrière, Virginie Botty, Aránzazu Nieto, Florian Gazagne, Guillaume Beaulieu) ont transcrit des pièces pour clavecin et orgue de Bach afin de les adapter à leur ensemble.

A l’image du concert, le premier album de l’ensemble, « flûtes en fugue » (Paraty), apporte une nouvelle vision du répertoire du compositeur baroque grâce aux sonorités particulières des différentes flûtes. Très proches du timbre de l’orgue à certains moment en raison de leur parenté technique (de l’air dans un tuyau !), les flûtes apportent une douceur et une finesse mélodique aux œuvres transcrites, notamment sur le premier mouvement du concerto pour clavecin BWV 1058. Cette similitude sonore avec l’orgue s’efface cependant sur les pièces plus legato, à l’image de la reprise que font les Brouillamini du Prélude 22 du Clavier bien tempéré où le son des flûtes à bec s’apparente plus à la clarté de celui d’une flûte traversière.

« Flûtes en fugue » ravive la musique de Bach grâce à la légèreté d’interprétation permise par un enchevêtrement minutieux des différentes voix. La transcription des Brouillamini du concerto pour deux clavecins BWV 1060, par exemple, retrouve une vivacité grâce aux voix de basses pétillantes. Si la musique du Consort Brouillamini n’émeut pas aux larmes, les cinq musiciens s’amusent avec les partitions chargées d’histoire et y apporte une jovialité moderne. Malgré un nom indiquant une confusion inextricable, le Consort Brouillamini offre une musique simple et claire, loin des complications baroques, qui offre un nouveau regard sur la musique de Bach.

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