Jonas Kaufmann en récital mais aussi… au cinéma, au disque, en DVD, etc. JONAS KAUFMANN Dolce Vita – 2 crédit photo Julian Hargreaves 2016 copie Full view

Jonas Kaufmann en récital mais aussi… au cinéma, au disque, en DVD, etc.

PORTRAIT – Venu en novembre 2007 à Bordeaux, le « meilleur ténor du monde » avait laissé la salle à moitié vide ! Il revient le 18 septembre au Grand-Théâtre avec un programme de Lieder de Mahler, Wolf, Liszt et une verion masculine des « Quatre derniers Lieder » de Richard Strauss. Un programme repris à Paris le 20. Si vous n’avez pas de places, on vous dit comment vous consoler !

La soirée de mardi 18 septembre à l’Opéra de Bordeaux affichait complet, et ce depuis les premières minutes de l’ouverture des réservations. Normal : c’est le soir du récital de Jonas Kaufmann, le meilleur ténor du monde… tout simplement.

Né en 1969 à Munich, le jeune Jonas (à prononcer « yonas », à l’allemande) dévore l’opéra comme d’autre le chocolat. Sa carrière se lance sûrement mais sans explosion. Le public français par exemple n’aura pas fait grand cas de ce beau et jeune ténor à ses débuts. L’Opéra de Bordeaux, sous l’ère des directeurs Thierry Fouquet et Isabelle Masset, avait bien repéré ce talent et invité Jonas Kaufmann le 26 novembre 2007 au Grand-Théâtre : la salle était restée à moitié vide !

Entre temps, une technique vocale particulière permit à Jonas de lancer des aigus « sotto voce », à voix douce. Un exploit et un atout pour incarner des héros aux pieds nus, fragiles et criant leur désespoir. En 2006, dans « Traviata » à New York, il remporte un immense succès avec Angela Georghiu. La soprano avait l’habitude de chanter ce rôle avec son mari Roberto Alagna… La guerre des ténors fait rage ! En France, Kaufmann arrive à faire de l’ombre à son aîné en 2010 : la chaine franco-allemande Arte capte la production à l’Opéra de Paris de « Werther ». Les première images, signées par le réalisateur Benoit montre Jonas Kaufmann derrière le décor, prêt à incarner héros romantique et malheureux par excellence. La passion des mélomanes français pour Jonas Kaufmann commence.

« Haut de gamme » : tel est le commentaire attaché à Jonas Kaufmann. Le ténor est intelligent et élégant, sait chanter et répondre aux journalistes en plusieurs langues, comme l’a montré son long passage chez Laurent Ruquier en 2017. Après une « Carmen » aux Chorégies d’Orange, des productions controversées à Paris (la « Damnation de Faust » de Berlioz dans laquelle la mise en scène le faisait chanter sous une immense vidéo d’un couple d’escargot en train de copuler…), des récitals plus que complets au Théâtre des Champs-Élysées et de nombreux enregistrements, Kaufmann revient pour deux dates françaises, à Bordeaux et Paris. Son récital, accompagné par le pianiste Helmut Deutsch est composé de Lieder de Gustav Mahler, Hugo Wolf, Franz Liszt et les « Quatre derniers Lieder » de Richard Strauss. Ces fameux lieder sont traditionnellement chantés par une femme mais Jonas s’y lance, arguant que Strauss a écrit sur la partition un simple « pour voix haute ».

Se consoler
Ceux qui n’auront pas eu de place pour ces récitals auront la possibilité de se rattraper : le 27 octobre dans les cinémas qui retransmettront « La Fiancée du far-West » avec Jonas Kaufmann dans le rôle de Dick. De même le 7 et 14 mars dans les cinémas UGC pour « Othello » de Verdi depuis l’Opéra de Paris (vivalopera.fr).

Jonas Kaufmann sort un disque tous les ans à peu près. Le petit dernier (Sony) est une superbe captation d’un concert en plein-air à Berlin dans le théâtre de verdure de la ville, « Waldbüne », dans lequel il chante des mélodies et des grands airs italiens. Un disque qui possède un petit air de Pavarotti, un souvenir des Trois ténors, et de beaux duos avec Anita Rachvelishvili, soprano à la voix envoutante. Ce disque intitulé « An Italian Night » est aussi un DVD… et des soirées au cinéma : « Jonas Kaufmann sous les étoiles », du 21 au 24 septembre (Infos : CGRevents.com)

Mardi 18 septembre 2018, 20h au Grand-Théâtre. Complet.

 

Article paru dans Sud Ouest Dimanche 17 septembre 2018.

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