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Compte-rendu : festival Via Aeterna, une deuxième édition hors des temps

COMPTE-RENDU – Le festival Via Aeterna s’achevait dimanche 23 septembre avec une journée toute particulière depuis les hauteurs du Mont Saint-Michel. L’événement créé par René Martin – l’instigateur, entre autres, de la Folle Journée – embarque touristes et passionnés pour une deuxième édition sous le lourd ciel normand.

Le jour du passage à l’automne, Via Aeterna prend ses quartiers en Normandie avec, pour point de chute ultime, l’ Abbaye du Mont Saint-Michel. Le périple musical s’achève sur une journée singulière, hors des temporalités classiques.

Le dimanche, Via Aeterna commence avant l’aube. A sept heures, le soleil est encore noir mais Vox Clamantis entame sa lente procession musicale à travers les heures. Matines, Laudes, Prime et Tierce,.. Chaque étape de la vie moniale est marquée par les chants de l’ensemble estonien.
La journée s’esquisse peu à peu. En bas du Mont Saint-Michel, les commerces ouvrent leurs portes et les touristes venus voir le bijou normand affluent par les navettes qui traversent la baie. Aux cloches de dix heures, le Mont est en ébullition et c’est toute l’Abbaye qui résonne. Le vent souffle en cette première journée de la saison rousse, et c’est souvent avec difficulté que les auditeurs parviennent au sommet pour les premiers concerts de la journée. L’une après l’autre, les salles aux noms ancestraux – Salle des Chevaliers, des Hôtes, Réfectoire des Moines… – s’éveillent avec les voix amples et très russes du Chœur Philharmonique d’Ekaterinburg ou du Patriarcat de Moscou.

Le festival concentre en son fief normand des sonorités cosmopolites, dressant ainsi un panorama sonore des spiritualités. La joueuse d’erhu, instrument traditionnel chinois Jiang-Jian Hua, accompagnée pour l’occasion par son acolyte Yang Baoyuan, s’empare du répertoire contemporain asiatique avec une joie contagieuse. Les polyphonies corses, profanes comme religieuse, de l’ensemble vocal Tavagna transporte le festival auprès de cette autre île et la voix grave de la chanteuse syrienne Waed Bouhassoun installe les auditeurs au cœur du Moyen-Orient.

« Personne n’a vécu le même festival » souligne un organisateur du festival : au rythme des averses, les concerts s’enchaînent à une vitesse folle. L’un a préféré entendre l’ensemble La Rêveuse pour une plongée dans le XVIIIème siècle, l’autre la viole de gambe de Philippe Pierlot, celui-là la délicatesse anglaise délivrée par l’Ensemble Jacques Moderne. Mais tous (ou presque !) se sont retrouvés pour le concert de clôture donné par le Ricercar Consort sous une coque de bateau, qui fait office de toit du Réfectoire des Moines, juste après l’arrivée des premiers rayons de soleil qui illuminent cette journée toute particulière.

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