La naissance d’un ensemble : The Furious Arts Ilektra Platiopoulou Full view

La naissance d’un ensemble : The Furious Arts

COMPTE-RENDU – De jeunes musiciens tout juste sortis des CNSM de Lyon et Paris se sont associés sous le nom des Furious Arts pour créer un programme autour de la période romaine de Haendel.

Ce samedi 22 septembre, au Marché de Lerme à Bordeaux cinq jeunes musiciens issus des Conservatoires Supérieurs de Paris et Lyon donnaient un programme autour des années italiennes du compositeur Georg Friedrich Haendel (1685-1759). En effet, le compositeur a vécu à Rome entre 1707 et 1710 auprès de mécènes privés, dont le marquis de Ruspoli. Il écrit alors des cantates, à une époque où l’opéra est interdit à la cité pontificale. De courte durée, elles sont considérées par le compositeur comme de petits laboratoires musicaux, au même titre que les sonates en trio, genre très apprécié à l ‘époque baroque pour le travail de la composition.

Ainsi, deux cantates pour mezzo-soprano ont guidé la soirée, interprétées par la cantatrice Ilektra Platiopoulou (photo), familière de la musique baroque, et saluée récemment pour le rôle de Junon dans le Ballet royal de la Nuit avec l’ensemble Correspondances. Avec le violoniste Alix Boivert, Ilektra Platiopoulou explore la musique irlandaise baroque via leur ensemble The Curious Bards. Sa voix légère et son jeu tout juste dosé nous ont emportés dans le drame de ces pièces vocales de grande virtuosité.

Deux autres compositeurs italiens ont étés programmés ce soir-là : Antonio Caldara (1670-1736), qui a succédé à Haendel auprès du marquis Ruspoli, et Alessandro Scarlatti (1660-1725), qui a affronté Il caro Sassone (le cher Saxon, surnom de Haendel en péninsule italienne N.D.L.R.) en joute musicale chez le cardinal et mécène Pietro Ottoboni pour déterminer qui des deux était le meilleur organiste et le meilleur claveciniste !

Le claveciniste de la soirée, Thomas Pellerin, semblait plus à l’aise en tant que continuiste qu’en tant que soliste, mais peut-être que l’acoustique très sèche de la salle n’arrangeait pas les choses ! Les deux violonistes – Alix Boivert et Amandine Calige – se sont magnifiquement exposés dans leur parties de dessus et le violoncelle de Keiko Gomi était chaleureux et généreux. Pour un premier concert de ce tout jeune ensemble constitué de passionnés, c’est excellent.

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