Renaud Capuçon : un violon de cinéma Renaud Capuon publie « Cinéma » chez Erato Warner Classics Full view

Renaud Capuçon : un violon de cinéma

CD & CONCERT. Le violoniste classique consacre son dernier disque aux musiques de film. Il est dimanche 14 octobre à l’Olympia.

Renaud Capuçon va réaliser un rêve, ce dimanche 14 octobre : voir son nom inscrit en lettres rouges sur le fronton de l’Olympia. Le violoniste sera ainsi un  des rares musiciens classiques programmés dans cette salle mythique. « Pas le premier mais un des rares en effet, confirme-t-il. L’Olympia n’est pas dans les habitudes. Son acoustique n’est pas faite pour le classique au départ, elle nécessite une légère amplification. » Voilà en tout cas l’occasion de toucher un autre public.

Renaud Capuçon donnera, entouré de l’orchestre Lamoureux le programme de son tout dernier disque « Cinéma » (Warner/Erato), une compilation des plus belles musiques de film dans lesquelles le violon est star : Cinéma paradiso, Le Parrain et le fameux thème de La liste de Schindler que Renaud Capuçon transforme en une poignante prière. Le violoniste du film est Itzhak Perlman, qui a en son temps également publié une compilation de musiques de film, Cinema Serenade. « Ce que fait Perlman est tellement sublime, juge Renaud Capuçon. Je pensais ne jamais oser le faire. Pourtant j’en rêvais depuis dix ans. C’est le bon timing. »

Le bon timing ? Celui de la liberté sans doute. En effet, à 42 ans, le Français  affiche quelques 120 concerts par an. Il créé des concertos écrits spécialement pour lui. Son disque « Le violon roi » s’est vendu à 75.000 exemplaires. Renaud Capuçon n’a plus grand-chose à prouver. « Il y a quatre ans, j’aurai eu peur des réactions du milieu classique qui a toujours eu du mépris pour la musique de cinéma. Jeune, moi aussi je regardais cela de haut. Aujourd’hui, je m’en fiche. Ce disque ne sort pas de nulle part. Ce n’est pas un pas de côté après avoir enregistré le Concerto de Bartók. « Cinéma » a d’ailleurs bénéficié du même traitement : un très bel orchestre, le Brussels Philharmonic, dirigé par un chef que je connais bien, Stéphane Devène ».

Dans ce disque, Renaud Capuçon a voulu mettre en avant les compositeurs français : Maurice Jarre (Le Cercle des poètes disparus), Vladimir Cosma (Le grand blond), George Delerue (Le Mépris), Alexandre Desplat (Twillight). A cela s’ajoute d’autres maîtres comme Ennio Morricone (Mission), John Barry (Out of Africa) et Eric Wolfgang Korngold (The Adventures of Robin Hood), qui permet de rappeler que les compositeurs classiques ont tâté du cinéma sans perdre leur âme !

A l’Olympia, Renaud Capuçon prendra le micro pour évoquer ses films préférés. Classique mais pas has been lui a suggéré des noms de film en lui demandant ce que ces titres évoquaient dans sa vie. Devant sa carrière intense, nous avons suggéré par exemple Marathon Man sorti en 1976, sa date de naissance : « Marathon Man ? Ce n’est pas moi. Je suis très calme ! Je n’ai même jamais été aussi zen. Je fais toujours autant de chose, certes,car  j’ai besoin de faire beaucoup de choses. Je me lève à 7h quoi qu’il arrive, concert ou pas. La Guerre des étoiles ?  Je l’ai vu tard, les trois d’un coup. Ce n’est pas ma came. Mon initiation au cinéma fur très familiale : Bourvil, De Funes, Danse avec les loupsRetour vers le futur ? J’avais adoré. J’aimerai revenir à la fin du XIXe siècle, vers 1880/1910 à Vienne pour aller voir Brahms, Mahler, Klimt, Schiele, Zweig… je vais tous les voir ! Love story ? j’aurai pu le mettre dans ce disque. Laurence (Ferrari, son épouse, ndlr) m’a soutenu sur ce projet. Si elle ne m’avait pas dit « qu’est-ce que tu attends ? », je ne l’aurai jamais fait.Mission impossible ? Composer !… et Danser ! »

Olympia : Dimanche 14 octobre, 17h, Olympia, Paris (9e). 30 à 95 euros.

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