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Première de l’Electro Symphonic Project de Laurent Couson à Bordeaux

COMPTE-RENDU – Compositeur des musiques des films de Claude Lelouch mais aussi chef d’orchestre, Laurent Couson a imaginé un drôle de mariage : celui de l’orchestre symphonique et de la musique électro. Son « Electro Symphonic Project » était présenté à l’auditorium de Bordeaux. Une manière d’amener un nouveau public au concert ? Récit.

Un détail résume l’Electro Symphonic Project de Laurent Couson : ses baskets siglées Karl Lagerfeld ! Comme le créateur de mode, Couson sait marier la haute couture, la grande tradition classique, à savoir l’orchestre symphonique, avec le quotidien, le confortable, l’énergique, à savoir la techno. Techno vraiment ? Oui dans ce sens où le compositeur Laurent Couson s’est associé avec trois DJ Tom Fire, Benoit Lugue, et Charles Schillings. Leur travail s’est construit dans un dialogue permanent : les uns envoyant leurs boucles, l’autre répondant avec une orchestration pour grand orchestre symphonique. Tom Fire et Benoit Lugue, formé au conservatoire lisent la musique. Charles Shiling est un autodidacte mais nourri de grande culture classique qu’il a beaucoup utilisé dans la mode pour les show de… Karl Lagerfeld.

L’entrée en matière est amusante. Le fond de scène de l’auditorium est flanqué d’un grand écran vidéo où une tourne en boucle une composition représentant platines, console son, boutons et autre diagramme sonore. Ambiance studio ! Le public est familial, déjà enjoué de participer à une expérience nouvelle. Lors d’une rencontre pour l’association Les amis de l’Orchestre national Bordeaux Aquitaine (ONBA), Laurent Couson nous avait confié que le but était clairement d’ouvrir le public du classique. Totale réussite.

Côté musique, la partition est dans la même veine que l’album « The Modern Symphonic Album » de Couson (Deutsche Grammophon, 2017). Elle se présente en 16 pièces (« Ouverture », « the key », « My Funeral », etc) que Laurent Couson introduit au micro en décrivant son esprit ou en attirant l’attention du public sur un élément musical. Le tout est didactique, bon enfant. On applaudi entre les morceaux comme au Nouvel An à Vienne ou au Concert de noël un peu partout. Les rythmes de Tom Fire et de Benoit Lugué sont au diapason du style Laurent Couson : une musique qui évoque facilement des images (il est le compositeur de prédilection de Claude Lelouch), des cordes virevoltantes, un grand pupitre de vents donnant au tout beaucoup de clarté et de soleil. On pense à John Williams (Harry Potter) ou aux grands westerns américains.

Ceux qui auront eu la chance d’assister aux premières tentatives de mariage orchestre+techno de l’Orchestre Les Siècles et de Carl Craig  (lire notre article ici) ne retrouveront pas la même ambiance planante et continue. Sauf pendant les deux morceaux signés de Charles Schillings qui prend le temps d’installer une ambiance plus sombre, plus habituel dans les clubs electro des années 2000. Le public de l’auditorium n’étant de toute façon pas près de se lever pour danser, coincé entre les fauteuils, les escaliers, les rampes… On retiendra une leçon de l’expérience Electro Symphonic Project : la magnifique plasticité de l’orchestre. Couson a réussi à exploiter tous les instruments, toutes les couleurs et les musiciens de l’ONBA, mobilisés en grand nombre, semblaient s’amuser aussi de ce chemin de traverse. Rien ne freine à réitérer l’expérience.

Jeudi 18 et vendredi 19 octobre, auditorium de Bordeaux.

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