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CD : Conversation et conversion d’une pécheresse, par Le Banquet Celeste ALPHA-426-Caldara Full view

CD : Conversation et conversion d’une pécheresse, par Le Banquet Celeste

CRITIQUE – Le Banquet Céleste nous fait redécouvrir l’oratorio d’Antonio Caldara, Maddalena ai piedi di Cristo, dans une émouvante version.

Le Banquet Céleste du contre-ténor Damien Guillon vient d’enregistrer chez Alpha Classics un oratorio d’Antonio Caldara, Maddalena ai piedi di Cristo, crée vers 1698 à Venise. Antonio Caldara n’est aujourd’hui pas le plus connu des compositeurs baroques… Mais à son époque il était admiré de ses contemporains et a influencé l’école de Mannheim, laboratoire de l’esthétique classique. Il a travaillé pour de grands mécènes, tels que le Prince Ruspoli et le duc de Mantoue. Violoncelliste et chanteur, Caldara écrit très jeune ses premiers opéras, son œuvre instrumentale est également très appréciée !

Ici, Caldara nous fait voyager en l’an 30, à Jérusalem, sur le lieu de la crucifixion du Christ. Il nous conte le dialogue intérieur de Marie-Madeleine tiraillée entre son amour pour Dieu et son amour charnel, incompatibles a priori. Deux petits génies, assis sur son épaule, essaient de faire basculer son âme. Qui va vaincre ? – l’Amour Terrestre, par la contralto Benedetta Mazzucato à la voix suave ou l’Amour Céleste, l’alto Damien Guillon, dont le chant est plus brillant ? Madeleine, chantée par la soprano Emmanuelle de Negri, doute, hésite, a peur.

D’autres chanteurs sont également invité du Banquet : Maïlys de Villoutreys est ici Marta l’amie proche de Madeleine, le ténor Reinoud van Mechelen merveilleuse incarnation du Christ et le baryton Riccardo Novaro, un pharisien. Ces rôles secondaires interprètent avec facilité les vocalises et les lignes expressives composées par Caldara.

L’orchestre, très équilibré, accompagne en retrait ces voix dans leur dispute. Il ne prends pas parti, il ne fait qu’appuyer le phrasé. Damien Guillon en fait un véritable outil de la narration, un compagnon de route qui use de figuralisme avec parcimonie. Il sait que le compositeur considère l’oratorio avant tout comme « le théâtre de l’âme » : moins que la musique, ce sont les voix qui s’expriment – ces miroirs de l’esprit, expression simple des passions.

En concert : Le Banquet Céleste sera le 18 décembre à 20h15 au Théâtre des Quatre Saisons (Gradignan, 33) dans un programme Frescobaldi.

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