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Maria Callas en hologramme : magique ou morbide ?

COMPTE-RENDU : « Maria Callas : la tournée hologramme » a commencé dimanche 25 novembre à Londres avant Paris les 28 et 30 novembre et Lyon le 1er décembre. Nous y étions.

Aller voir « Callas en hologramme » tient-il de la blague ? On y va en souriant : que peut-on espérer de toute façon ? Rien de peut ressusciter Callas l’immortelle, sa voix divine au timbre si particulier, sa présence scénique dont il ne reste que témoignages et vidéos pâles. En s’asseyant sous les dorures du Coliseum de Londres, les spectateurs venus dimanche voir chanter Maria Callas peuvent plaisanter : « au moins cette Callas-là ne fera pas de caprices de diva ! » Le noir se fait et elle arrive depuis les coulisses. Est-ce un fantôme ? Réaliser l’hologramme de Maria Callas est une idée folle proposée par la société américaine Base Hologram qui réalise des images virtuelles d’une qualité impressionnante. La Callas entre en scène en souriant, faisant bouger les plis de sa robe blanche, plus vraie que nature.

Entourée d’une cinquantaine de musiciens, la diva morte à Paris en 1977 interprète ses grands airs : Carmen, Tosca, La Wally. Elle fait un signe à Eimear Noone, la chef d’orchestre. Les hauts-parleurs lancent les fameux enregistrements qui ont fait sa gloire. Le mélange entre le virtuel et le réel est très harmonieux. Seul défaut de cette première londonienne : le son. Le son de l’orchestre présent au Coliseum était capté en frontal et retransmis sur de grosses enceintes de type concert de rock. Ce son grossier est douloureux à nos chères oreilles habituées à la captation France Musique ou Arte qui utilisent plusieurs micros posés dans l’orchestre, et à des auditoriums qui utilisent rarement de sonorisation mais, quand c’est le cas, le font le plus discrètement possible. Ce défaut, on pourra facilement le corriger.Il faudra aussi penser que quand Maria Callas se retourne, sa voix aussi doit partir dans l’autre sens !

Néanmoins, L’émotion est forte. Le son est familier et toujours aussi beau, l’image en 4K est d’une précision photographique : le cerveau fait le travail d’association et laisse l’illusion opérer. Le spectacle qui se présente à nos yeux est extraordinaire. La plupart des spectateurs ne connaissent de La Callas que des vidéos en noir et blanc. La Diva assoluta, la diva absolue, est là, en haute définition, sa présence légendaire et sa voix unique à nouveau réunit. « Nous avons reconstruit une image la plus authentique qui soit, explique Marty Tudor le PDG de Base Hologram qui s’est entouré de spécialistes de l’opéra. Les détails techniques sont secret défense, ou presque : « tout ce que je peux dire est que nous utilisons un projecteur de type militaire ». La réalité augmentée appliquée au spectacle vivant ne fait que commencer.

« Maria Callas en hologramme » est un vrai show avec ses effets, son rythme, ses moments drôles même : Maria fait un signe pour stopper les applaudissements du public. Ou lors des saluts quand la diva fait apparaître dans sa main une rose rouge… avant de disparaître comme un nuage de fumée. « Si je ne savais pas qu’elle était morte, confie une jeune spectatrice londonienne, j’aurais pu croire que c’était elle. » Quel amateur de classique n’a jamais regretté de n’avoir voir pu voir Dietrich Fischer-Dieskau, Vladimir Horowitz ou Jacqueline Dupré ? En hologramme ou au disque, l’idéalisation du passé ne garde t’elle pas toujours un côté morbide ? Base Hologram va appliquer sa technologie à d’autres stars et annonce un prochain « Hologram tour » avec Amy Winehouse. Pour les autres, il suffit de rêver : Michael Jackson ? Elvis ? Menuhin ?

Le 28 et 30 novembre, Salle Pleyel. 42 à 110 €. Le 1er décembre a Lyon. 24,50 à 95 €. Disque du concert édité chez Warner Classics.

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