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On a testé : un concert de l’ONL le nez collé à notre téléphone

COMPTE-RENDU – Pour la deuxième édition du concert connecté Smartphony, l’Orchestre national de Lille a vu les choses en grand en proposant de découvrir autrement la Symphonie n°1 de Gustav Mahler dite Titan, et ce, par-delà les frontières de l’auditorium Nouveau-Siècle. Retransmis en direct sur Youtube, on pouvait en principe suivre et participer au concert depuis n’importe où… en principe.

Ecran géant, pupitre numérique et smartphones en masse : jamais nous n’aurons vu autant d’écrans allumés pendant un concert de musique classique. Une scène peu conventionnelle, qui à la manière des Leçons de Bernstein vient souffler un vent de pédagogie (version 2.0) grâce à une application (Smartphony) et à un chef aux talents d’animateurs insoupçonnés (Alexandre Bloch).

« Je suis heureux de vous dire qu’aujourd’hui, vous pouvez garder vos téléphones allumés! » nous déclare le maestro. Ce soir, place à la technologie et l’interactivité pour se plonger dans la Symphonie n°1 Titan de Gustav Mahler. Avec l’application Smartphony, on interagit avec le chef d’orchestre et les musiciens, à travers différents jeux. L’objectif: initier le public à l’écoute de ce poème symphonique – premier d’une série de dix oeuvres incroyables – incompris à l’époque de sa création à la fin du XIXe siècle.

Avant de commencer, Alexandre Bloch nous lance : « vous êtes prêts pour les selfies ? Faut les faire maintenant, parce qu’après, vous n’aurez plus le temps ! »

Et pour cause, après, il faut rester concentrer. On attaque par le quizz. L’occasion pour les moins avertis, de découvrir la différence entre le mode mineur et le mode majeur. L’occasion de sourire en apprenant que le jingle d’Intermarché s’est inspiré d’une des principales mélodies de cette œuvre. L’occasion enfin de tester notre oreille (et notre mémoire) sur le deuxième mouvement de cette 1ère symphonie, jouée en introduction. Mahler s’est-il inspiré du rythme du tango, de la valse, du slow ou d’une sarabande ? Peu s’y seront trompé (la valse). En somme, le quizz donne « toutes les clefs d’écoute nécessaires pour la 1ère symphonie de Mahler », qui sera jouée intégralement en seconde partie de soirée.

On continue sur le jeu des nuances. A la manière d’un chef d’orchestre (ou presque), nous sommes invité à secouer notre téléphone, pour indiquer la nuance que l’on souhaite au maestro : »plus vous secouez, plus ce sera forte, et inversement » nous explique Alexandre Bloch. Plutôt complexe quand il y a plusieurs centaines de téléphone qui s’agitent en même temps. Et pourtant, les algorithmes calculent une nuance moyenne qu’Alexandre Bloch réceptionne sur son pupitre numérique. L’expérience est éclair (un essai aura suffi) mais néanmoins assez hilarante. Pas évident pour le chef d’obtenir un forte dans une phrase où seuls deux ou trois pupitres jouent!

« Encore en version bêta »

C’est là que le bât blesse : samedi, ça n’a pas vraiment marché. « On est encore en version bêta » glisse Alexandre Bloch au début du concert alors que les premières réponses au quizz devront se faire… A mains levées.  Si théoriquement la connectivité en direct via l’application, le pupitre numérique du chef d’orchestre et son oreillette auraient dû permettre de synchroniser l’ensemble des participants, la réalité était autre. Victime de son succès, l’application a dû faire face à trop de connexions simultanées (on a noté qu’à 19h08 on était déjà 1400 connectés sur l’application), générant de nombreux bugs. Des connexions parfois à l’autre bout du monde. « L’ordinateur ne savait manifestement pas que l’Orchestre national de Lille pouvait intéresser les gens aussi loin » plaisante le maestro.

Si ça avait dû fonctionner correctement alors certainement que l’expérience aurait été plus convaincante (surtout pour ceux qui n’étaient pas dans la salle). Peut-être que l’ambition affichée du direct était trop grande alors que l’application était encore en version d’essai. Pour autant, une vraie envie et réceptivité dans le public se sont faites sentir. Le concept, la trame du jeu et la très grande forme d’Alexandre Bloch (et des musiciens), auront suffit à embarquer la salle. Et nous avec.

Contactée, la société qui a développée l’application Smartphony (Waigéo) n’a pas encore donné suite à nos demandes.

Crédits photo: Ugo Ponte pour l’Orchestre national de Lille.

Smartphony, un concert connecté autour de la 1ère Symphonie de Gustav Mahler donné samedi 2 février par l’Orchestre national de Lille, à l’auditorium du Nouveau-Siècle à Lille.

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