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Le camp nazi et La Chauve-souris

COMPTE-RENDU – La Chauve-souris de Johann Strauss (fils) est la nouvelle production de l’Académie de l’Opéra national de Paris à la MC93 de Bobigny. Avec cette opérette pleine de quiproquos et de travestissements, la metteuse en scène Célie Pauthe rappelle un pan important de la musique durant la Seconde Guerre mondiale.

La salle delà MC93 est plongée dans le noir. Une voix se fait entendre, celle de Célie Pauthe. Tandis que des images de voyage sont projetées, la metteure en scène explique qu’elle ne connaissait pas La Chauve-souris de Strauss et encore moins l’histoire de cet opéra durant la Seconde Guerre mondiale. En 1944, l’œuvre est représentée dans le camp de concentration de Terezín (près de Prague) qui détenait alors plusieurs musiciens et artistes de renom.

Créée en 1874 à Vienne, La Chauve-souris est la première des seize opérettes que compose Johann Strauss (fils). L’intrigue est des plus burlesques : Gabriel von Eisenstein, qui doit aller le soir-même en prison, préfère accompagner son ami le docteur Falke à un diner chez le Prince Orlofsky. Gabriel ignore que tout son entourage sera à cette soirée : sa femme déguisée en Comtesse hongroise, leur femme de chambre Angèle qui prétend être une artiste et le directeur de la prison qui se fait passer pour un chevalier. Tous ont été réunis par Falke qui veut se venger de Gabriel. Après une soirée arrosée, Falke a traversé toute la ville déguisé en chauve-souris.

Tout au long de sa mise en scène, Célie Pauthe évoque Terezín discrètement. Puis, elle ouvre le troisième acte avec un personnage externe à l’opéra. Il s’adresse au public avec un micro pour présenter le film de propagande nazi tourné à Terezín. « Les nazis sont très fins en direction d’acteur », explique-t-il car les gens filmés étaient « émus sous peine de mort »… Devant ces images, le retour à une opérette légère semble irréel. Sa scénographie simple et efficace tranche avec des costumes aux couleurs vives de l’opérette viennoise.

Les jeunes chanteurs de l’Académie amènent une vraie énergie et beaucoup de dynamisme à cette production. Une Académie qui, rappelons-le, ne propose pas uniquement des voix puisqu’elle forme à tous les métiers de l’opéra : mise en scène, couture, perruque, tapisserie, menuiserie… Les chanteurs partagent la scène avec les musiciens de l’Académie qui jouent pour l’occasion en formation de chambre. Les airs sont bien sûr chantés en allemand mais les dialogues sont en français, ce qui rend l’intrigue beaucoup plus accessible. Il faut d’ailleurs saluer la diction de l’Irlandaise Sarah Shine (Angèle), du Polonais Piotr Kumon (Gabriel) et de l’Américain Alexander York (Dr Falke). À leurs côtés, Angélique Boudeville propose une Rosalinde drôle et émouvante.

Dans les mises en scène lyriques, il était presque courant ces dernières années de faire intervenir des nazis, quelle que soit l’œuvre concernée. Dans le cas présent, les images de Terezín ont une vraie raison d’être. Célie Pauthe réussit à rappeler une chose fondamentale : la musique existe partout, même dans des lieux impensables.

 Jusqu’au 23 mars à Bobigny. Plus d’infos sur Le site de l’Opéra de Paris.

2 Comments

  • Françoise RICHARD on

    Blog toujours intéressant mais désinvolte avec l’orthographe; or, les fautes sont comme des fausses notes pour les yeux… On écrit un camp (c’est le temps qui a un S) et « quelle que soit l’œuvre concernée » et il y en d’autres moins choquantes. Il existe encore des Français qui respectent parfaitement la langue; trouvez-en un(e) pour vous relire, ça prendra 5 minutes. Bien musicalement vôtre

    FR

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  • Séverine Garnier on

    Merci Françoise pour votre commentaire et vos corrections. Je ne suis malheureusement pas de ces Français qui connaissent parfaitement leur orthographe (ce n’est pas de l’irrespect mais un manque de savoir-faire). Bientôt, Classique mais pas has been aura les moyens de s’offrir un.e correcteur.trice (car ça ne prends pas 5 minutes, je vous l’assure !). La prochaine fois, n’hésitez-pas à m’envoyer personnellement un mail ! Cordialement. Séverine Garnier

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