SAISON 19/20 – L’opéra national de Bordeaux présentait ce lundi sa nouvelle saison. La recette Minkowski confirme ses atouts : de grands solistes, de belles coproductions Lyriques et aussi quelques opérations un peu plus exotiques !

Depuis trois ans, l’Opéra de Bordeaux ouvre sa saison au Grand-Théâtre avec une opérette de Jacques Offenbach. Cette année, pour le bicentenaire du compositeur, se sont les Contes d’Hoffmann que je ne manquerai pas d’aller écouter et voir car c’est l’un des opéras les plus atypiques du répertoire français proposant des airs surréalistes comme sublimes. Je note que le compositeur d’opérettes sera également célébré par le biais d’une de ces plus grandes chanteuses : Hortense Schneider, originaire de la cité bordelaise. Deux de ses héritières, bordelaises également, Adriana Bignani Lesca et Marie-Andrée Bouchard-Lesieur, se partageront les plus fameux airs de cette « diva » dans un gala à l’auditorium de l’Opéra. 

La trilogie Mozart/Da Ponte

Je me réjouis de voir sur trois jours, trois jours de fête sans doute, « La Trilogie Mozart/Da Ponte » : Les Noces de Figaro, Don Giovanni et Cosi fan tutte sont les trois extraordinaires opéras issus de la collaboration de Mozart avec le librettiste Lorenzo da Ponte. Cette trilogie sera dirigée par Minkowski et mise en scène de manière contemporaine (XVIIIe donc) par Ivan Alexandre (monsieur Minkowski à la ville !), une production qui a déjà reçu de bons échos en Europe. 

Dans un esprit un peu plus innovant, l’ONB présente une co-création avec l’Opéra de Lille qui nous emmène dans le folklore de l’Orient avec La légende du roi dragon. J’ai hâte d’entendre cette œuvre écrite par le jeune compositeur Arthur Lavandier, membre de la géniale équipe de l’ensemble Le Balcon, et dirigée par Marc Leroy-Calatayud. Son originalité réside aussi dans son format : l’opéra est participatif et accueille pour l’occasion près de 200 enfants venus de toute la Gironde sur la scène du Grand-Théâtre de Bordeaux. 

La légende du roi dragon

Je ferai un petit pas de côté dans la saison danse, très en beauté en 19/20. Le directeur du Ballet, Eric Quilleré a mis Angelin Preljocaj à l’honneur cette année, à raison, car son travail me captive. Sa version du Winterreise de Schubert, créée début 2019 à la Scala de Milan, marquera sans doute les balletomanes bordelais. 

Last but not least, la saison symphonique a de quoi me réjouir. D’abord car j’y retrouve un des chouchous de Classique mais pas has been : le pianiste Simon Ghraichy, pour une soirée qui met à l’honneur Gershwin et ses deux rhapsodies, celle « In blue » et l’autre, moins connue, la Numéro 2 avec l’Orchestre national Bordeaux Aquitaine, of course. L’autre star du  clavier, lui sur cordes pincées, et chouchou également, Jean Rondeau, offre une soirée loin du baroque avec Ravel, Poulenc et Schumann. Je suis curieuse de l’entendre jouer avec un orchestre « moderne » et aussi d’écouter le Concerto pour clavecinde Poulenc, une rareté. 

Jean Rondeau

Autre rareté : des compositrices… Elles sont trois fois plus nombreuses que l’année dernière c’est à dire qu’elles sont… trois à être programmées. #NoComment à Paul Daniel, le directeur artistique qui fait « quand même » entendre la « Masquerade » pour orchestre de Anna Clyne (2013), River Rouge Transfiguration de MissyMazzoli (2013) lors de la soirée Ghraichy et la Symphonie n°2 d’Elsa Barraine. A noter que cette symphonie est jouée lors d’une des soirées phare du festival L’Esprit du piano, une soirée avec Nelson Goerner dans le Concerto n°2 de Chopin… et c’est pour moi le meilleur interprète de Chopin. « L’esprit du piano » fêtera sa 10ème édition avec Grigory Sokolov, Arcadi Volodos et Philippe Bianconi, entre autres. Et je retrouve avec joie mes « copines »,  les sœurs Labèque. Katia et Marielle interpréteront la pièce que Philip Glass leur a spécialement composé en 2015, « Concerto pour 2 pianos ». J’aurai le plaisir d’animer une rencontre avec le public et les deux pianistes le 15 avril 2020 à 18h. Elles seraient surement ravies de cette saison bordelaise qui met à l’affiche le pianiste Bruce Brubaker (grand défendeur de Philip Glass) accompagné du DJ Max Cooper et aussi le roi de la techno de Detroit, Carl Craig qui présente son programme électro symphonique Versus qui berce mes oreilles de depuis sa création en 2006 (j’y étais !). 

Et puis je vais oublier de vous dire que j’irai écouter Jonas Kaufmann car le temps que vous lisiez cet article, il n’y aura plus de place ! Idem pour l’Orchestre des Champs-Elysées mais ne manquez le festival Ciné-Notes autour du thème « Monstres et créatures » et la petite saison de Pygmalion à la Station Ausone (l’auditorium de la Librairie Mollat) : une saison plus ou mois baroque, franchement innovante et totalement gratuite… on vous en parlera bientôt.