CHRONIQUE CD – Quelle modernité dans les préludes de Claude Debussy, notamment ceux du Livre II composé en 1912! Dissonances, minimalisme, atonalité : l’essence du piano moderne est là, dans « Canope », « Feux d’artifice » ou encore « Ondine ».
Pour s’en rendre compte, je préfère la version signée par le pianiste Philippe Bianconi chez Dolce Volta à celle de Pierre-Laurent Aimard chez Deutsche Grammophon. Les deux interprètes sont brillants, là n’est évidemment pas le débat. Ils ont deux approches très personnelles de ces partitions : l’interprétation de Pierre-Laurent Aimard me semble plus cérébrale, plus brute, soulignant d’avantage leurs ressemblances avec la musique contemporaine.
Pianiste discret et poète musical, Philippe Bianconi donne à ces partitions assurément révolutionnaires sa fabuleuse richesse sonore et sa maturité émotionnelle. Pour Bianconi, Debussy incarne une «sensualité des timbres», comme il l’écrit dans le livret du disque et comme il me l’a expliqué. Peut-être aussi, j’aime le choix de Bianconi de délaisser le traditionnel piano Steinway (option de Aimard) pour le récent modèle de Yamaha, le CFX. Le son parait plus rond et plus tendre (bravo à l’ingénieur François Ekert), j’y retrouve un petit goût d’un Blüthner d’époque.

Philippe Bianconi donnera l’intégrale des Préludes le 28 août pour le festival Musique en Côte Basque et sera en concert le 7 septembre à Paris, le 9 à Carrouges (61), le 18 à Toulouse.
Pierre-Laurent Aimard donnera le livre II des Préludes le 21 janvier au Théâtre des Champs-Elysées.