COMPTE-RENDU – L’ensemble Pygmalion a fini ce dimanche à l’Auditorium de Bordeaux sa tournée, via l’Allemagne et Versailles, autour de la Messe en si mineur de Jean-Sébastien Bach… sous une vague d’applaudissements.

La Messe en si mineur… Elle reste, encore aujourd’hui, une énigme pour les musicologues. D’abord, par que cette messe ne peut pas s’appliquer à un culte particulier : elle contient des éléments de la pratique de différentes confessions chrétienne, catholique ET protestante. Par ailleurs, nous n’avons pas de traces de son éventuelle commande, ni d’une création du vivant de Johann Sebastian Bach. Nous ne savons pas non plus pour quel effectif elle a pu être écrite.

Pour sa tournée en Allemagne, à Versailles et à Bordeaux, le chef Raphaël Pichon a choisi de diriger un chœur et un orchestre conséquents (30 choristes et presqu’autant d’instrumentistes), ce qui a donné à l’œuvre un certain poids, tout en garant pourtant de la souplesse pour l’orchestration, dans le jeu des continuos notamment.

Ce dimanche 17 mars, l’orchestre et les chœurs de l’ensemble Pygmalion se sont avérés à la hauteur des espérances du public bordelais, habitué à cette formation qui est en résidence à l’Opéra de Bordeaux depuis plusieurs années.

Une interprétation chaude et transparente

L’œuvre, durant laquelle s’alternent airs et chœurs avec tantôt de la tendresse, tantôt de la grandiloquence, nous a réchauffé le cœur. Les parties fuguées se sont entremêlées de façon claire et transparente, tandis que l’écriture chorale donnait au tout une densité et une majesté impressionnante. Cette interprétation de La Messe en si mineur permettait d’apprécier tout le génie et la magie de l’écriture du maître Bach, qui pour composer cette œuvre, a utilisé sa fabuleuse palette de couleurs et d’outils musicaux.

Le chef semblait danser sur scène en faisait des gestes très parlants. Plus que de donner les traditionnels départs à ses musiciens ou de veiller à la mise en place, Raphäel Pichon les guidait dans le phrasé et l’intention, comme une invitation à l’expressivité.

Côté solistes, l’affiche s’annonçait prometteuse. En effet, l’alto Lucile Richardot (voir notre interview ici), grande habituée de la musique baroque, a été rayonnante dans ses airs interprétés avec beaucoup de tact et d’élégance : un touchant Agnus Dei de style concertant. Par ailleurs, le ténor Emiliano Gonzalez-Toro, – que le public parisien pourra entendre avec son jeune ensemble I Gemelli au Théâtre des Champs-Élysées le 28 mai –, a offert un magnifique et tendre Benedictus, accompagné d’un traverso, de l’orgue et d’une basse de viole, qui nous ont rapprochés du ciel !

N.B. : L’ensemble Pygmalion interprétant la Messe en si mineur de Jean-Sébastien Bach le 24 mai 2019 à la Philharmonie de Paris est déjà complet.

L’Ensemble Pygmalion revient à Bordeaux du 3 au 5 mai 2019 pour le spectacle lyrique Miranda, sur des musiques d’Henry Purcell et d’après The Tempest de William Shakespeare.