COMPTE-RENDU – L’association Cathedra, qui propose des concerts dans la cathédrale Saint-André de Bordeaux, a invité un jeune ensemble de musique baroque, issu du Centre de Musique Baroque de Versailles : les Aurores.

Le Centre de Musique Baroque de Versailles (CMBV) a plusieurs missions : faire des recherches à partir d’importantes bases de données concernant la musique baroque – surtout française, les diffuser sous différents formes, éditer des partitions d’œuvres oubliées, et former des chanteurs. En effet, le CMBV possède une maîtrise pour enfants (à l’image de La Maîtrise de Radio France) ainsi qu’une formation dédiée aux plus grands : les Chantres. C’est cette formation professionnelle qu’ont suivi les trois chanteurs de l’ensemble Les Aurores, Camille Souquère, soprano, Thierry Cartier, baryton et Antonin Rondepierre, ténor.

Ils étaient ce vendredi accompagnées par deux instrumentistes – tous deux formés au Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris : un orgue de chœur, joué par Constance Taillard, et le violone de Benoît Beratto. Un violone, me direz-vous ? Il s’agit de la basse dans la famille des violes, qui sonne dans la même octave que le violoncelle. Utilisé au XVII° siècle en soliste, en consort de violes ou en basse continue, cet instrument est encore peu représenté dans les ensembles baroques.

Ce quintette a proposé à Bordeaux un programme intitulé « Dialogues Sacrés » associant des œuvres liturgiques françaises, italiennes et allemandes des XVII° et XVIII° siècles. Le répertoire sacré français de cette époque est finalement peu connu des mélomanes, et c’est grâce au travail des chercheurs du CMBV que ces jeunes musiciens ont pu interpréter ce soir-là… les lignes, italianisantes des messa di voce dans le Vulnerasti cor meum de Dumont, les courbures mélodiques bougeant sur une note tenue, chantées avec finesse et délicatesse, dans l’air O Scheiden de Johann Hermann Schein, ou des échos raffinés dans le O Seidene Härelein du même compositeur.

Pour finir ce concert, Les Aurores ont fait profiter le public d’un Miserere de Biagio Marini dans lequel une partie de l’œuvre est psalmodiée à l’image des premières chants chrétiens. Et, plus tard, d’une magnifique Messa a tre voci de Francesco Durante dans laquelle un élément mélodique revenait régulièrement pour donner cohérence et dynamisme.

Élégance et raffinement, recueillement et paix sans oublier une once de virtuosité : ce beau concert présage du meilleur pour le jeune ensemble Les Aurores.

Les 3 mai 2019 à Bordeaux. Vous pourrez retrouver l’ensemble Les Aurores le 10 août au festival de musique sacrée de Granville.