SAISON 19/20 – À Bruxelles, La Monnaie dévoile sa saison 2019-2020. Contre toute attente, le directeur Peter de Caluwe annonce qu’il n’y a pas de thématique particulière cette saison mais plutôt une « architecture » commune. Voici donc quelques-uns des évènements à ne pas manquer de cette nouvelle architecture.

La saison bruxelloise commence fort avec, dès le 20 septembre, la création mondiale Macbeth Underworld du compositeur contemporain Pascal Dusapin. Sur un livret de Frédéric Boyer mais, bien évidemment inspiré du Macbeth de Shakespeare, cet opéra en huit chapitres sera chanté en anglais. L’action tournera essentiellement autour des époux Macbeth, de leurs obsessions ainsi que sur la dimension surnaturelle de l’œuvre, évoquée notamment par les trois sorcières. La mise en scène est confiée au Français Thomas Jolly, familier de Shakespeare et  de l’univers étrange et macabre. En 2016 , le jeune normand avait signé sa première mise en scène à l’Opéra de Paris pour Eliogabalo. Il a ensuite travaillé sur le Fantasio d’Offenbach en 2017 à l’Opéra Comique et fera avec ce Macbeth Underworld ses débuts en Belgique.

Autre temps fort que je ne vais pas manquer : la trilogie Mozart-Da Ponte. Vous ne rêvez pas ! La Monnaie va bien proposer d’enchainer Les Noces de Figaro, Cosi fan Tutte et Don Giovanni en quelques jours (comme à Bordeaux, voir ici). Présentés comme une seule et même histoire, ces trois chefs-d’œuvre issus de la collaboration entre Mozart et le librettiste Lorenzo Da Ponte seront joués entre le 18 février et le 26 mars 2020. Une occasion, si vous êtes fan comme moi du duo Mozart/Da Ponte, d’enfin voir cette trilogie en quelques jours.

En plus de ses onze opéras à l’affiche, la Monnaie propose huit concerts et sept récitals… le choix est difficile. Côté concert, comment résister à la soirée « Rhapsody » proposée le 5 janvier ? Alain Altinoglu, directeur musicale depuis maintenant trois saisons, dirigera l’orchestre symphonique et les chœurs de la Monnaie dans un programme des plus américains : Promenade Overture de John Corigliano, Rhapsody in Blue de Gershwin et les Symphonic Dances extraites West Side Story de Bernstein.

Vous le savez sûrement mais, en plus d’être l’année Berlioz, 2019 est également l’année Offenbach. Et la Monnaie n’oubliera pas de fêter le bicentenaire de sa naissance en programmant non seulement les fameux Contes d’Hoffmann mais aussi avec un récital Offenbach en décembre 2019 par la soprano Jodie Devos. Deuxième finaliste du Concours Reine Élisabeth en 2014, la jeune Belge parcourt aujourd’hui les plus grandes scènes d’opéras européennes. Elle a sorti récemment un excellent album Offenbach intitulé Colorature et c’est ce programme qu’elle viendra présenter à Bruxelles le 13 décembre avec l’Ensemble Contraste.

Enfin, je compatis avec les amateurs de danse qui auront du mal à choisir une seule soirée à la Monnaie puisque trois chorégraphes de renom se partagent la saison. Entre Anne Teresa De Keersmaeker, Sidi Larbi Cherkaoui et Sasha Waltz, il est presque impossible de faire un choix. Mais si vous aimez les grands écarts de genres, la soirée Momento Mori & Faun devrait vous plaire. Fin septembre 2019, Sidi Larbi Cherkaoui proposera un diptyque dansé avec la musique pop du Français de Woodkid et le Prélude à l’après-midi d’un faune de Debussy. Une rencontre qui promet d’être surprenante !