Le Festival de Saintes a beau approcher de la cinquantaine, il sait toujours faire la fête ! Du 12 au 20 juillet, entre bal trad, bœufs sous la voile et concerts pétillants ou improvisés, les festivaliers ont eu de quoi s’amuser !

À Saintes, on fait la fête. En allant sur un festival de musique classique, on s’attend à ce que tout le monde soit couché à l’heure des poules. À Saintes, c’est tout l’inverse. Lorsque le soleil a disparu, public et musiciens se mélangent sous la voile installée au cœur de la cour de l’abbaye pour casser la croûte, boire un verre, et surtout passer des soirées en musique !

Au 14 juillet, soir de fête nationale, c’était bal trad. La flûtiste Anna Besson s’est entourée de l’accordéoniste Ludovic Rio et du multi instrumentiste Lucas Henri pour faire danser une foule échauffée par les concerts de la journée (surtout celui du début de soirée, lors duquel la voix de la mezzo-soprano Lucile Richardot a remué plus d’un spectateur!). Les trois comparses ont enchaîné jusqu’à épuisement mazurka, rondes, scottish et autres danses traditionnelles.

Le lendemain, on retrouve la flûtiste, cette fois en intérieur avec le quatuor Nevermind. Ici, la concentration se fait sentir mais les quatre jeunes musiciens refusent le strict des codes du classique. En chemise, certes, mais de la couleur de leur choix. Ils se regardent, se sourient, rient presque ! Après une sélection de pièces baroques, ils s’emparent d’une création de Philippe Hersant, la Harpe de David. Ce ton décontracté, mêlé à une technique parfaite offre un moment d’émotion hors normes.

Cette joie des musiciens à jouer ensemble sort souvent des voûtes de l’abbatiale. L’ensemble baroque L’Achéron réussit à faire bouger les épaules des têtes les plus blanches grâce à leur concert où l’improvisation à toute se place. Ici encore, un ensemble de jeunes rigolant sur scène. Leur joie est contagieuse, on resterait bien faire la fête en musique toute la nuit avec eux.

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C’est d’ailleurs souvent possible. De nombreux musiciens, leur concert passé, enlèvent costumes et robes de soirée et se donnent rendez-vous sous la voile tendue dans la cour de l’abbaye. Après un verre où deux, il n’est pas rare de les entendre se prêter à des bœufs ou la technique classique rencontre jazz et pop. Autour du piano et de la batterie en libre service… Tout le monde danse !