THEATRE MUSICAL – Avec son nouveau spectacle Looking for Beethoven, le pianiste et conteur Pascal Amoyel signe un portrait personnel et poignant de Beethoven. Et réhabilite un compositeur souvent taxé de misanthropie.

De Beethoven vous avez peut-être la vision d’un homme au visage fermé à la chevelure fougueuse. Tel est le drame de Ludwig ! « Ô vous ! Hommes qui me tenez pour haineux, obstiné, ou qui me dites misanthrope, comme vous vous méprenez sur moi. » écrit-il dans son fameux testament de Heiligenstadt (1802), une lettre à ses amis dans laquelle Ludwig évoque son drame.

Ce drame, la surdité, tout mélomane classique en a connaissance mais rares sont ceux qui en ont conscience. Créé et rodé cet été dans les festivals (notamment celui de la Vézere où nous avons pu le voir), le nouveau spectacle du pianiste Pascal Amoyel, Looking for Beethoven, pose la question : que faire quand la maladie vous empêche de vivre votre plus grande passion ? Ludwig Van Beethoven n’a que 27 ans quand il réalise qu’il va devenir sourd. Quelle pire condamnation pour un compositeur ? Que va faire cet homme qui n’est que musiques, que sons, rythmes et mélodies ?

Avec un engagement total, le pianiste Pascal Amoyel nous raconte ce destin le plus tragique de l’histoire de la musique mais aussi la plus belle leçon d’humanité. Dans « Looking for Beethoven », assis au piano, il suit le fil de la vie de Ludwig depuis ses premiers troubles jusqu’à l’isolement le plus total. « Quelle humiliation lorsque quelqu’un près de moi entendait une flûte au loin et que je n’entendais rien, raconte Beethoven/Amoyel. … Comment aurait-il été possible que j’avoue alors la faiblesse d’un sens qui, chez moi, devait être poussé jusqu’à un degré de perfection plus grand que chez tous les autres ? »

Heureusement pour nous, Ludwig ne renonce pas à communiquer avec le monde : il le fait à travers sa musique. Avec une sensibilité et un savoir-faire remarquables, Pascal Amoyel fait entendre les géniales sonates pour piano de Beethoven : Pathétique, la Clair de lune, Appasionata, etc. La ressemblance entre Pascal Amoyel et le fougueux Beethoven démultiplie la force de ce spectacle : leurs statures solides, leurs chevelures ondulantes, leur regards perçants. Les deux artistes sont en communion ! Et le public est pris aux tripes. Jamais la vie de Beethoven n’a paru si claire. Jamais sa musique si proche de nous.

Théâtre du Ranelagh, Paris 16e. Jusqu’au 31 décembre 2019. 10 à 35 euros.

ET AUSSI… Retrouvez Pascal Amoyel lors de « son » festival Notes d’Automne dont la 11e édition se tiendra du 11 au 17 novembre 2019 au Perreux-sur-Marne. Un thème : le rêve… et des artistes de rêve comme Vincent Peirani, François Salque, Emmanuelle Bertrand, le spectacle « Madame Pylinska et le secret de Chopin » de Eric_Emmanuel Shmitt… et Pascal Amoyel bien sûr dont voici l’Interview perchée® 