CONCERT & EXPO – L’Orchestre de Paris a lancé les festivités autour de Charlie Chaplin le 10 octobre dernier à la Philharmonie : un ciné-concert particulièrement réussi mêlait des extraits des grandes réalisations du maître à des images d’archives personnelles.

Charlie Chaplin : un mythe, la silhouette iconique du personnage de Charlot, les gags chorégraphiés indémodables, l’émotion du Kid, la vision prophétique du Dictateur, la conscience sociale des Temps Modernes… Tout ceci, c’est le génie de Charles Chaplin. Davantage même car rares sont les artistes complets. Il en était un, lui qui écrivait également toutes ses musiques de film.

L’Orchestre de Paris a choisi de mettre à l’honneur cet aspect-là de Chaplin les 9 et 10 octobre derniers à la Philharmonie au travers d’un ciné-concert particulièrement réussi, mêlant des extraits des grandes réalisations du maître à des images d’archives personnelles.

Les arrangements de Timothy Brock et Stefan Behrish ne trahissaient jamais le style immédiatement reconnaissable de Chaplin, avec ses thèmes courts, légers, incisifs et d’une efficacité redoutable à la scène comme à l’écran. Il faut rendre hommage aux compositeurs (David Raskin, Raymond Rasch entre autres) qui ont aidé Charlot pour l’orchestration, savoir qu’il ne maîtrisait pas assez pour le réaliser lui-même. En revanche, tout le génie mélodique de ses partitions est bel et bien de la main de cet « homme-orchestre ».

L’hommage à Chaplin se poursuit avec l’exposition «Charlie Chaplin, l’homme-orchestre» qui se tient à la Philharmonie de Paris jusqu’au 26 janvier 2020.

La soirée, dirigée avec fougue et précision par Franck Strobel, nous a entrainés dans un voyage fabuleux où l’on passe du fou rire aux larmes. Les montages (réalisés par l’excellent European Filmphilharmonic Institute) des œuvres majeures de Chaplin (the Kid, le Dictateur, Les Temps Modernes, Les Feux de la Rampe) sont une réussite totale. Sur les pupitres des musiciens, les arrangements des scènes de danse et des chansons des films sont joués sur des montages mêlant scènes cultes et images d’archives. Ces dernières montrent l’artiste dans son intimité, une intimité dans laquelle il semble ne jamais vraiment quitter son rôle. Et puis bien sûr, l’ouverture de Lohengrin de Wagner et la Danse Hongroise n°5 de Brahms sur les deux scènes immortelles du Dictateur.

Avec une énergie débordante, l’Orchestre de Paris a transmis son plaisir évident à jouer cette musique. Mention spéciale à la section des cuivres et percussions qui rend parfaitement les effets « comiques » de la partition.