DISQUE – À l’automne les collines japonaises, recouvertes d’érables aux fines feuilles, se parent de mille couleurs. C’est un enchantement de s’y promener. L’écoute du disque consacré aux trois sonates pour viole de gambe et clavecin de Johann Sebastian Bach, par l’altiste Antoine Tamestit et le claveciniste Masato Suzuki (Harmonia Mundi), procure une joie du même ordre.

Dans ces sonates trois lignes mélodiques avancent de concert, unifiées par la construction harmonique. Les deux voix du clavecin, aiguë et grave, viennent englober celle de l’alto, située dans le médium. De cet intense dialogue entre les voix et de la richesse de l’écriture découle une jubilation qui ne faillit pas.

Une jubilation également portée par les interprètes. Le son profond et l’archet rebondissant d’Antoine Tamestit font merveille. Quelle bonne idée de jouer ces sonates pour viole à l’alto ! (Souvenez-vous de ces Suites de Bach) Quant à Masato Suzuki, chef principal du Bach Collegium Japan, son aisance et sa précision dénotent une grande familiarité avec l’œuvre de Johann Sebastian Bach. Leur plaisir de jouer ensemble est palpable, aussi bien dans l’élan que dans la retenue, dans la virtuosité que dans le choix des ornements.

Un bon disque pour se gorger de la musique de Bach, à l’image de l’aria Ergieße dich reichlich (Répands-toi en abondance) qui y figure également.