COMPTE-RENDU – Smoking Joséphine ? Cinq filles dans le vent qui donnent un sacré coup de frais au classique. À l’occasion de la sortie de leur premier album, « Amours toujours  » chez Naïve, elles se produisaient en show-case à l’Hôtel Bedford à Paris. On vous raconte…

Qui est Joséphine ? Chante-t-elle J’ai deux amours ? Porte-t-elle vraiment un smoking ? Shocking ! Veut-elle, comme Pink Martini, fumer au lieu de travailler ? Choquant, à l’heure du zéro carbone…

Et pourtant ce nom, qui claque comme un drapeau au vent, élégant et provocateur, développe un large imaginaire au sein duquel se déploie avec aisance et gourmandise un quintette à cordes féminin constitué de Geneviève Laurenceau (1er violon), Olivia Hughes (2ème violon), Marie Chilemme (alto), Hermine Horiot (violoncelle) et Lorraine Campet (contrebasse).

Cinq musiciennes de haut niveau réunies… pour le plaisir (rien à voir avec la chanson d’Herbert Léonard ; on en reparlera …). Si Geneviève Laurenceau fut violon solo de l’Orchestre National du Capitole de Toulouse de 2007 à 2017, elle est à présent chargée des master-classes de violon à l’Académie Jaroussky de la Seine musicale (Boulogne-Billancourt), et directrice artistique du Festival d’Obernai.

Quant à Olivia Hugues, elle est violon solo à l’Orchestre de chambre de Paris. Si Marie Chilemme est l’altiste du quatuor Ébène, Hermine Horiot est membre de l’ensemble Les Dissonances, pendant que Lorraine Campet est deuxième contrebasse solo de l’Orchestre Philharmonique de Radio France.

Autant dire que le casting a de quoi impressionner ! Tout comme leur prestation scénique : engagées, virtuoses, à l’écoute les unes des autres, leur plaisir de jouer ensemble est palpable et le petit salon de l’hôtel Bedford est parfois trop intime pour contenir l’ampleur de leur son.

Disque « Amours, toujours ! »

Leur programme, « Amours, toujours ! », s’affiche en rouge, comme un manifeste, sur la pochette de leur disque. Vous pensiez entendre Quand on n’a que l’amour, de Jacquel Brel, Allumer le feu, de Johnny, ou Pour le plaisir d’Herbert Léonard ? Que nenni. Leur répertoire est bel et bien classique, avec le Salut d’amour d’Elgar, le Rêve d’amour de Franz Liszt ou encore La danse du feu, extraite de L’amour sorcier de Manuel de Falla.

Et parce que l’amour peut être contrarié, impossible, sublimé, passionné…, elles jouent également la suite de Roméo et Juliette de Prokoviev ou celle de West Side Story de Bernstein, ainsi que Liebesfreud (joie de l’amour) et Liebesleid (souffrance de l’amour) de Fritz Kreisler. Si elles peuvent reprendre à leur compte ces œuvres du répertoire classique, c’est parce que deux arrangeurs de talent, Nicolas Worms et Fabien Touchard, ont su les leur transcrire, donnant l’impression qu’elles ont été écrites pour leur formation.

L’écoute de leur disque vous donnera envie de mieux les connaître et de les découvrir en concert !

Ce qui sera chose possible le 29 février à l’Auditorium de Vincennes, le 1er mars à la Seine musicale (Boulogne-Billancourt) et le 27 mars à l’Espace James Chambaud de Lons : https://www.smokingjosephine.com/#agenda.