DISQUE – Quand la star incontestée de la bossa nova rencontre une violoncelliste aguerrie aux suites de Bach, ça donne Canto da sereia, un chant de sirène subtil et caressant…

« C’est un rêve d’enfant qui se réalise. Je peux mourir en paix ». Voici ce que dit le compositeur Gabriel Sivak à propos du disque Canto da sereia, sorti en novembre dernier chez Aparte.

Il faut dire que ce disque a de quoi séduire, entre le chaloupé inimitable de la voix de Toquinho (star incontestée de la bossa nova brésilienne), la vitalité précise du violoncelle d’Ophélie Gaillard et la délicate trame musicale, tissée par Gabriel Sivak.

Ophélie Gaillard et Toquinho se sont rencontrés au Brésil, lors d’un concert de la violoncelliste. Toquinho aimait Bach, il est tombé amoureux de ses suites pour violoncelle par Ophélie Gaillard. Gabriel Sivak a fait le reste, composant, arrangeant et réécrivant des chansons pour les deux interprètes.

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Pourtant, comme l’explique Ophélie Gaillard, il lui a fallu « apprivoiser la batida, ce rythme propre à la bossa nova, beaucoup plus complexe que la samba traditionnelle », et transformer son violoncelle « en violoncello gago, « violoncelle bègue », à l’instar de la guitare violão gago de la bossa nova. »

Dans ce cas, ce disque bégaye avec talent ! On se laisse glisser dans un état délicieusement béat à l’écoute de Canto da sereia, sur des paroles de Toquinho et une musique de Gabriel Sivak. Difficile de résister au Eu sei que vou te amar, de Tom Jobim, devenue ici ballade un peu jazzy. Quand à la 5e Bachiana Brasileira de Villa-Lobos, la sobriété de cette version guitare (Toquinho) / violoncelle (Ophélie Gaillard) la rend intemporelle.

Canto da sereia est à retrouver sur les plates-formes de téléchargement