SAISON 2020/21 – Les saisons s’annoncent dans les institutions classiques et la Rédaction vous guide : aujourd’hui, Gaspard de Lencquesaing partage ses coups de cœur. Conforme à sa réputation, le Théâtre des Champs-Élysées à Paris (dire TCE, pour faire bien) propose une programmation aux couleurs acidulées, faite pour épater. Pour la prochaine saison, le Théâtre voit la vie en rose, et c’est tant mieux !

Après deux mois de confinement, la fraîcheur et l’empreinte de joie de la programmation de la mythique salle de l’avenue Montaigne font du bien. J’espère seulement qu’elle pourra se dérouler comme prévu. Laissez-moi vous guider par mes choix qui ne sont pas exclusifs, loin de là…

Côté lyrique : un plaisir comparable aux fraises Tagada…

Les productions « mises en scène » sont des rendez-vous incontournables au TCE. Dans mon abonnement idéal il y a, sans hésiter, le poème symphonique de Richard Strauss, Salomé. Une curiosité qui fera sans doute beaucoup parler, puisque c’est le sulfureux Krzysztof Warlikowski qui s’occupera de monter le spectacle. De Patricia Petibon à Sophie Koch, en passant par Gábor Bretz, le plateau vocal sera au rendez-vous. Pour ce qui est de la fosse, je découvrirai le chef hongrois Henrik Nánási à la tête de l’Orchestre National de France. Du 14 au 24 novembre 2020.

Je ne peux pas manquer de vous conseiller, dans un autre registre, l’opéra romantique par excellence : La Somnambule de Vincenzo Bellini. Autre curiosité, le ténor Rolando Villazón signera ici sa première mise en scène à Paris. J’ai également hâte d’entendre briller la voix cristalline de Nadine Sierra, soprano américaine aux mille talents. A ses côtés, le non moins talentueux Francesco Demuro pourra nous montrer l’étendue de sa tessiture dans le rôle d’Elviro, accompagné par l’Orchestre de Chambre de Paris avec à sa tête l’italien Riccardo Frizza. Du 15 au 26 juin 2021.

Maquette de La Somnambule © Droits réservés – TCE

Les concerts lyriques sont aussi force de propositions : une Missa Solemnis de Beethoven en décembre (18 et 19 décembre 2020), qui s’annonce monumentale, avec les formations de Radio France (National et chœurs). Un Bal Masqué de Verdi le 16 mars 2021, rempli de belles découvertes. Mais surtout, à titre personnel, le Parsifal de Brandon Jovanovich le 7 Avril 2021. Dans mon apprentissage de la musique, je n’ai jamais eu la chance d’entendre ce monument de Wagner, et je me fais une joie de le découvrir, interprété en plus par les forces musicales de l’Opéra de Munich.

Si vous êtes plutôt baroque, vous avez surement noté la reprise du fameux Ballet Royal de la Nuit… Souvenez-vous en cliquant ici.

Des récitals qui pétillent comme des Frizzy Pazzy

Au TCE, on le sait, la programmation excelle niveau récital, que ce soit avec ou sans chant d’ailleurs. Il m’est donc plus que difficile de choisir quand une pléthore de rendez-vous m’attire. Je vais tenter de vous aiguiller mais attention, les choix sont difficiles.

Coté chant, les stars se succèdent au TCE : Philippe Jaroussky, Jonas Kaufmann, Sonya Yoncheva et j’en passe… Je serai dans la salle le 28 septembre à coup sûr pour entendre la merveilleuse Sabine Devieilhe, accompagnée par le très talentueux Alexandre Tharaud. La complicité qui émanera de ce duo me donne déjà envie de crier BRAVO !

Le récital que j’attends le plus est bien évidemment celui de Lisette Oropesa. Découverte (pour ma part) dans Les Huguenots à Bastille puis dans L’Elixir d’Amour, cette jeune soprano de 36 ans est déjà une star de la scène lyrique. Je ne doute pas que son premier récital parisien soit un très grand succès, tant son engagement et sa fougue emportent un public tout entier. Elle sera accompagnée le lundi 11 janvier 2021 par la jeune pianiste japonaise Aya Wakizono que je serai ravi de découvrir !

Lisette Oropesa et Aya Wakizono © DR

Je ne fais que citer le génial Jakub Jozef Orlinski qu’il faut, si vous ne l’avez jamais entendu, absolument aller voir et entendre le 12 décembre 2020. 

Côté piano, la venue de Fazil Say le 16 juin 2021 avec un dialogue entre Bach et Schubert me semble être une soirée qui annonce des étoiles… Je suis aussi très séduit à l’idée d’aller entendre le génial Boris Berezovsky, qui oscillera entre Ravel et Prokoviev, avec sans doute une sensibilité à la russe qui lui est propre. 

Des orchestres invités acidulés comme des Dragibus
Je suis toujours séduit par la vague mélancolique de l’âme russe qui déferle avec la venue annuelle de Yuri Temirkanov et son fantastique Orchestre Philharmonique de Saint-Pétersbourg. Le programme est classique : 2ème concerto de Rachmaninov et 4ème symphonie de Tchaïkovski, mais l’interprétation du colosse Denis Matsuev ébranlera sûrement jusqu’aux plus durs à cuire de la salle. Le premier décembre 2020 sera une belle soirée à Paris.

Esa-Pekka Salonen © DR – Yefim Bronfman © Dario Acosta

Je serai aux anges lors de la venue du Philharmonia Orchestra le 21 janvier 2021, conduit par Esa-Pekka Salonen. Il proposera un programme très cohérent : prélude du Freischütz de Weber, magistral troisième concerto pour piano de Beethoven par le pianiste Yefim Bronfman, et couronnement du tout avec une Cinquième qui s’annonce légendaire !

Continuons avec les géants, à savoir le Philharmonique de Vienne, dirigé tout simplement par… Riccardo Muti, sans doute l’un des plus grands chefs d’orchestre de sa génération. Le 7 juin 2021 sera l’occasion d’entendre Mendelssohn, Schumann et Brahms… Autant vous dire que j’en ai déjà des frissons.

Riccardo Muti © Todd Rozenberg Photography

Je n’oublie bien sûr pas les merveilleux concerts du Dimanche matin, le programme de musique de chambre ou celui de danse. Mais je pourrais en écrire un roman !

En conclusion : courez, ou même volez au Théâtre des Champs-Elysées l’année prochaine ! Les théâtres ont besoin de vous, demain encore plus qu’hier. Offrons-leur le meilleur des déconfinements sachant qu’en plus, à la vue de la programmation, cela ne s’annonce pas comme une punition…

Toutes les infos : https://www.theatrechampselysees.fr/