CHRONIQUE – Le confinement aura eu sa dose de spectacles diffusés en ligne. Alors, que nous réservent les captations d’opéras projetées sur grand écran ? Des surprises ou du déjà-vu ? Petit tour d’horizons des programmations annoncées !

Hormis quelques opéras et ballets déjà mis en ligne pendant le confinement, rares sont les opéras-cinémas en doublon pour la nouvelle année, et on a envie de dire : heureusement ! Payer pour un contenu déjà mis en ligne gratuitement pendant le confinement, question stratégie, ce n’aurait pas été la meilleure façon de faire revenir les spectateurs dans les salles de cinéma !

Les doublons à éviter… Sauf si vous êtes passé à côté pendant le confinement

« L’Opéra de Paris au cinéma » a commencé le 10 septembre avec la projection de Manon, de Massenet, dans les cinémas UGC. Enregistré au début du confinement à l’Opéra Bastille et diffusé gratuitement du 17 au 22 mars, sa diffusion prévue en direct dans les cinémas avait dû être annulée. Un prélude, « une sorte d’avant-première en écho à la saison passée » justifie Alain Duault, directeur artistique de Viva l’Opéra ! L’écho se poursuivra le 17 décembre prochain, avec la programmation du ballet Play dans les cinémas indépendants participants au réseau FRA Cinéma. Chorégraphié par Alexander Ekman et enregistré en 2017 au Palais Garnier, il avait déjà été mis en ligne gratuitement par l’Opéra de Paris, du 15 au 21 juin dernier.

Côté Metropolitan Opera, peu de redite également, si ce n’est les trois prochains mois, pour cause de recul du lancement de leur saison 20/21 suite à la crise sanitaire. Ainsi, si on a déjà eu le droit à la mise en ligne du chef-d’œuvre de Giuseppe Verdi, Le Trouvère -mis en scène par David McVicar et enregistré en 2015 – pendant le confinement (le 18 mars précisément) sur le site de l’institution (the « Nightly Met Opera streams »), il est reprogrammé dans les cinémas Pathé et Kinepolis, le 7 novembre prochain. De même, la nouvelle production du grand classique verdien, Aïda, qui devait ouvrir la nouvelle saison du MET le 21 septembre prochain et être diffusée en direct dans les cinémas partenaires, sera remplacée par la version enregistrée au MET en 2018, le 10 octobre prochain dans vos salles. Un choix étonnant après avoir diffusé le 1er mai dernier l’enregistrement de 1985, et avoir été la cible des militants antiracistes en juin dernier – suite au mouvement Black Live Matters – pour le black face d’Anna Netrebko dans la version 2018, alors qu’elle devait être mise en ligne sur le site de l’institution.

Un début de saison retardé, des nouveautés et du direct en 2021

Pour le reste, et malgré les difficultés rencontrées par les grandes maisons d’opéra suite à la crise sanitaire, plusieurs nouveautés en direct restent au programme en 2021, et on ne peut que s’en réjouir !

Ainsi si la version de Aïda de 2018 prévue au MET ne mérite pas le détour, l’Opéra de Paris promet une nouvelle production haute en couleur et moderne, le 18 février prochain (UGC et cinémas indépendants), sous la houlette de la metteure en scène hollandaise, Lotte de Beer. L’Opéra de Paris proposera également deux autres créations en direct, en partenariat avec les cinémas indépendants du réseau FRA et UGC : Faust de Charles Gounod, le 25 mars, et La Dame de pique de Tchaïkovski le 3 juin, mis en scène par le controversé Dmitri Tcherniakov.

Côté MET au cinéma, quatre grosses nouveautés seront présentes pour la première fois. Tout d’abord, le contemporain Dead Man Walking, de Jake Heggie, inspiré de l’ouvrage de Sœur Helen Prejean et mis en scène par Ivo van Hove. Cette retransmission en direct de cette création très attendue, le 17 avril prochain dans lescinémas Pathé et Kinépolis va créer à coup sûr l’événement.

Le 24 avril 2021 et le 22 mai 2021, on pourra également découvrir les nouvelles productions de La femme sans ombre, de Richard Strauss, et du Pirate, de Bellini, par les metteurs en scène Herbert Wernicke et John Copley. Enfin, ce n’est pas une nouvelle production mais elle sera pour la première fois rediffusée au cinéma le 12 décembre prochain : la version d’anthologie de Fidélio de Beethoven, dans une mise en scène de Jürgen Flimm, portée entre autres par la finlandaise Karita Mattila, élue meilleure chanteuse de l’année 2001 par le New York Times.

Quant au Royal Opera House, après les 19 œuvres proposées en streaming pendant le confinement, on aurait pu imaginer quelques doublons dans la programmation de cet automne/hiver (la programmation de 2021 n’est pas encore annoncée) : et bien non ! En revanche, pas de nouvelles productions, entre Manon Lescaut de Puccini et MacBeth de Verdi, respectivement enregistrées en 2014 et 2018.

Encore un peu de patience pour vivre, par procuration, les grands moments d’opéra de 2021 !

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