Arte Opera : une troisième saison plus que jamais nécessaire

NOUVEAUX FORMATS – « Heureusement il y a Arte ! » s’est exclamé Olivier Mantei lors de la présentation de la troisième saison d’Arte Opera, l’offre numérique lyrique de la chaîne de télévision européenne. Les diffusions ont déjà commencé et le prochain rendez-vous sera le 14 novembre avec Hippolyte et Aricie depuis l’Opéra Comique.

Souvenez-vous, en 2018, la chaîne de télévision franco-allemande présentait Arte Opera, une offre numérique qui permettait de voir des opéras créés dans une vingtaine de maisons lyriques d’Europe.

Comme l’a rappelé Emelie de Jong, directrice de l’unité arts et spectacles d’Arte France, « Arte, et ce depuis sa fondation, a toujours diffusé des productions majeures de l’opéra européen ». On se souvient de La Traviata de Salzbourg avec Anna Netrebko ou encore du Werther de l’Opéra de Paris qui avait révélé Jonas Kaufmann au public français. « Ces moments ont participé à faire « tomber les frontières » entre les publics et les genres », résume avec pertinence Emelie de Jong.

La pandémie actuelle et ses restrictions ne font qu’accentuer notre envie de voyages, de culture, de découvertes. Jamais les mélomanes n’avaient été aussi nombreux à profiter, lors du premier confinement, des programmes d’Arte Concert : des Indes galantes de l’Opéra de Paris à l’intégralité des œuvres de Beethoven en passant par le centenaire du festival de Salzbourg. « Un tiers des concerts d’Arte sont dédiés au classique », rappelle la chaîne… On se sent tellement privilégiés !

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Que nous goûterons avec joie cette troisième saison sur le site arte.tv/opera ! Elle commence ce samedi 14 novembre à 20 heures avec la nouvelle production que l’Opéra Comique devait présenter début novembre : Hippolyte et Aricie de Jean-Philippe Rameau par l’ensemble Pygmalion, avec son chef Raphaël Pichon, la mise en scène de Jeanne Candel et la fine fleur du baroque lyrique français : Reinoud van Mechelen, Elsa Benoit, Sylvie Brunet-Grupposo, Stéphane Degout, Séraphine Cotrez, Nahuel di Pierro, Eugénie Lefebvre, Lea Desandre, etc.

« Heureusement il y a Arte ! » s’est exclamé Olivier Mantei. Le directeur de l’Opéra Comique a résumé les étapes de la vie d’une maison lyrique depuis mars dernier : « réduction de jauge, changement horaires pour causes de couvre-feu et à présent huis clos sans public. Tout cela en maintenant les règles, comme un double distribution de chanteurs et des répétitions faisant que jamais les chanteurs ne se croisent. » Comme beaucoup d’artistes face à cette période déstabilisante, il salue l’engagement global d’Arte et l’esprit de résistance qui animent le réseau d’Arte Opera.

Cette saison propose de nombreux ballets et des expériences visuelles et sonores comme le Is this the end ? de Jean-Luc Fafchamps, PopRequiem enregistré au Théâtre de la Monnaie de Bruxelles en septembre 2020. On y trouvera des titres plus connus comme un Simon Boccanegra et un Lohengrin avec… Roberto Alagna, oui vous avez bien lu ! Et un plus rare : Dalibor de Bedrich Smetana.

  • 24 novembre, 19h30 : Mahler / Live ballet de Hans van Manen / Martin Schläpfer présenté au Wiener Staatsoper
  • 26 novembre, 19h30 : Pippi Longstocking, ballet de Pär Isberg du Finnish Opera and Ballet
  • 6 décembre, 17h : Simon Boccanegra, opéra de Verdi capté au Opernhaus de Zürich et dirigé par Fabio Luisi
  • 13 décembre, 22h15 : Lohengrin, de Wagner avec Roberto Alagna et Sonya Yoncheva, dirigé par Matthias Pintscher et capté depuis le Staastoper de Berlin.
  • Janvier 21 : Ghost Light, ballet de John Neumeier présenté au Festspielhaus de Baden-Baden
  • Printemps 21 : Dalibor, de Semtana depuis l’opéra Národní divadlo / Opera Národního divadla

Dès à présent, Arte a mis en ligne plusieurs productions enregistrées en septembre et octobre 2020 sur les scènes européennes : Is this the end ? de Jean-Luc Fafchamps, au Théâtre de la Monnaie de Bruxelles et une version pour chœur, harmonium et deux pianos de la Petite Messe solennelle de Rossini au Festival de Wexford en Irlande. On pourrait s’étonner de retrouver cette Petite Messe dans une série sur l’opéra mais Rossini lui-même en écrivant cette œuvre se moquait des frontières, alors…