CD : PRISMA marie la folk hongroise et le baroque italien

CD – Avec leur deuxième disque, Il Transilvano, l’ensemble PRISMA fait revivre la rencontre entre la musique traditionnelle hongroise et le baroque italien. Un disque à découvrir dans la collection Jeunes Ensembles d’Ambronay Éditions.

Dans sa programmation de concerts et lors de son festival, le Centre Culturel de Rencontre d’Ambronay défend les jeunes ensembles baroques. Il le fait aussi à travers l’édition de disques : le label « Ambronay édition » totalise à ce jour douze références. Le dernier né (mi-novembre), Il transilvano, par l’ensemble PRISMA, frappe par son originalité.

PRISMA est composé de musiciens hongrois, israéliens et franco-allemands. Entre deux cours dans les conservatoires de Brême et Hanovre, Franciska Hajdu (violon) et Dávid Budai (viole de gambe) jouent naturellement à leurs amis, Elisabeth Champollion (flûte à bec) et Alon Sariel (luth), la musique de leur patrie, la Hongrie. Ils réalisent que le folklore hongrois se marie naturellement avec la musique baroque italienne, pierre angulaire de tout « baroqueux » en formation. Déjà, la musique pittoresque, bizarre, chromatique et fantastique a amené les PRISMA à fonder leur ensemble en 2014. Un disque se devait de raconter cette histoire.

La réussite du mariage musical entre l’Italie et la Hongrie n’est pas due au hasard. Lorsque le roi hongrois Matthias Corvinus épouse la princesse italienne Béatrice de Naples, au XVe siècle, les échanges ne cesseront jamais et l’Italie connaît au XVIe siècle, une véritable mode hongroise. On a ainsi retrouvé en 1998 le Codex Caioni, une compilation faite par le moine Johannes Caioni (1629-1687) de quelques 500 partitions italiennes, hongroises et transylvaines. Déjà en 1593 à Venise, l’organiste italien Girolamo Diruta (voir ici sa page Wikipédia) écrivait un traité musical illustrant les styles des uns et de autres et leurs fructueux échanges. Le nom de ce traité ? « Il transilvano » car dédié au prince de Transylvanie.

En reprenant ce titre, Il transilvano, l’ensemble PRISMA pioche dans ces deux sources – italienne et hongroise, religieuse comme folklorique – pour composer son disque. « Dans ce programme, nous avons rassemblé des danses, des sonates et d’autres pièces tirées de ce vaste codex, expliquent les PRISMA. Nous nous sommes engagés activement dans ce riche échange culturel, alimenté notamment par nos rencontres avec des musiciens traditionnels lors de nos concerts ou résidences de travail en Hongrie, Roumanie et Transylvanie. »

La vitalité du répertoire comme des musiciens (qui se font ponctuellement chanteurs !) accroche l’auditeur. Comme leur aînés, cette nouvelle génération de musiciens baroque montrent qu’interpréter la musique baroque s’est aussi se plonger dans les racines de l’Histoire : PRISMA fait entendre une sonate italienne ramenée par des étudiants hongrois et inspirée d’un choral allemand : à croire que programme Erasmus existait déjà au XVIe siècle !

PRISMA – Il Transilvano : Musical bridges between Italy and Hungary around 1600 – Works from Codex Caioni and Hungarian folk music. Sortie le 13 novembre 2020 sous le label : Ambronay Éditions. En savoir plus ici.