© DR

Playlist d’écrivain #2 : Olivier Bleys

PLAYLIST – Inaugurée brillamment par Amélie Nothomb, notre série “playlist d’écrivain” continue, avec cette fois-ci “l’écrivain-marcheur” Olivier Bleys. Une playlist à retrouver sur Spotify et notre chaîne YouTube.

Olivier Bleys, c’est la nonchalance élégante mise en mots. Est-ce dû à son amour des plages landaises, avec leur monotonie envoûtante, ou son besoin irrépressible d’arpenter la Terre ? Tous les ans, durant un mois, il poursuit un tour du monde pédestre par étape, reprenant là où il s’était arrêté l’année précédente. Parti du village de Pampelone, il avance toujours vers l’Est, traversant la France, la Suisse, l’Italie, la Slovénie, la Croatie, la Hongrie ou encore la Russie. La devise de cet écrivain et librettiste d’opéra (souvenez-vous ici) pourrait être festina lente, “hâte-toi lentement”, et le rythme guide ses pas… et ses goûts musicaux. Sa playlist nous révèle un “écouteur” comme on les aime, à Classique mais pas has been, éclectique dans ses choix et sachant très bien les justifier. Parions qu’une fois lue cette playlist, vous vous précipiterez en librairie pour lire Concerto pour la main morte ou L’art de la marche

Mais laissons-lui la parole…

RACHMANINOV, Concerto pour piano n° 2

“Cette pièce pour piano et orchestre, écoutée enfant sur un radiocassette, puis au disque et dans quantité de salles de concert, m’a initié à la musique classique au sein d’une famille peu mélomane. Je lui ai même consacré un roman, Concerto pour la main morte, chez Albin Michel. J’ai entendu beaucoup de versions, par une foule d’interprètes, mais reste fidèle à l’une des toutes premières rencontrées, celle du Berliner Philharmoniker dirigé par Claudio Abbado, avec Lilya Zilberstein au piano, chez Deutsche Grammophon.


Heitor VILLA-LOBOS, les quatuors à cordes

On connaît d’Heitor Villa-Lobos ses pièces pour guitare ou pour violoncelle, certaines des Bachianas brasileiras, et c’est à peu près tout. Pour ma part, je leur préfère ces quatuors de facture très classique, mais à la mélodie envoûtante. France Culture a diffusé le feuilleton radiophonique que j’ai écrit sur ce compositeur, pour la documentation duquel j’avais séjourné trois mois au Brésil et pris des cours de clarinette dans un conservatoire du Maranhão !


Sufjan STEVENS, John Wayne Gacy Jr

L’un des artistes les plus doués de la new-folk américaine. Poly-instrumentiste à la voix douce et aux textes touchants, Sufjan Stevens a du talent à revendre. Je ne lui reproche qu’une orchestration parfois brouillonne et un chauvinisme un peu étroit qui le porte, par exemple, à dédier un album à chacun des 50 états américains !


CHASSOL, Birds

Entendu par hasard à la radio, cette jolie création greffée sur un chant d’oiseau relève à sa façon le défi ornitho-musical d’Olivier Messiaen.


The Woolshed Sessions, Stringing Me Along

Non pas un groupe, mais une réunion de solistes néo-zélandais entendus lors d’un festival dans le jardin botanique de Wellington, où j’étais en résidence d’écrivain. Je me suis aussitôt procuré le CD, introuvable depuis.


Me One, Old fashioned

Entre autres qualités, j’admire le phrasé agile et même acrobate de ce musicien jamaïcain-gallois, passé, hélas, un peu inaperçu lors de sa courte carrière.


Prince, Alphabet Street

Ni la maturité ni l’élargissement progressif de ma discothèque ne m’ont détourné du héros musical de mes jeunes années, que je tiens toujours pour un génie turbulent de la musique noire américaine. Autour de mes 17 ans, j’avais tout entendu de lui et récitais ses chansons par cœur. Hélas, les nouvelles générations semblent l’avoir oublié.


Ralph BLANE et Hugh MARTIN,The Trolley Song, avec Judy GARLAND

Adolescent, je m’étais entiché des comédies musicales américaines des années 1940 et 1950, leur âge d’or. Une interprète en particulier me fascinait, que je suivais de film en film : Judy Garland. Je passais en boucle certains de ses films de jeunesse, comme Meet me in St Louis (le Chant du Missouri), tourné en 1944. Son timbre unique me donnait le frisson.


C’est un homme secret, extrait de l’opéra Les Bains Macabres de Guillaume CONNESSON (musique) et Olivier BLEYS (livret)

Une fois n’est pas coutume, j’ai envie de mettre en lumière cet air intitulé Rêverie de Célia, extrait de l’opéra Les Bains Macabres que je cosigne avec Guillaume Connesson. C’est une chance que notre opéra ait pu être créé début février 2020, après les grandes grèves et avant la crise sanitaire où nous évoluons toujours. Cet air, en particulier, me transporte à chaque audition.”

A LIRE ÉGALEMENT : Compte-rendu : Réussite éclatante pour Les bains macabres


Une playlist à retrouver sur Spotify et notre chaîne YouTube

Retrouvez ici le site d’Olivier Bleys : http://olivierbleys.com/

Vous avez aimé lire cet article ?

Abonnez-vous à la newsletter de Classique mais pas has been, pour ne rien rater de l'actualité musicale!

Soutenez-nous !