© Magali Dougados

On regarde quoi cette semaine ?

NOUVEAUX FORMATS – Télévision, VOD, YouTube… Retrouvez les programmes dédiés à la musique classique, sélectionnés par la rédaction et diffusés du 23 au 29 janvier.

À la télévision

Quinte et sens : une symphonie pour les éléments

Été 2020, tout juste déconfiné, l’Orchestre de Paris réinvestit avec bonheur la Philharmonie pour le tournage de Quinte et sens. Ce n’est pas un film, ce n’est pas un clip, encore moins un concert (on ne voit pas de chef d’orchestre!), mais plutôt une déambulation musicale aux quatre coins du bâtiment de Jean Nouvel. Sa grande salle, son toit, ses couloirs… Quarante-cinq minutes d’une visite inattendue et privilégiée des lieux, bercée par un répertoire articulé autour des quatre éléments : le Sacre du printemps de Stravinsky, La Mer de Debussy et L’Oiseau de feu de Stravinsky. Les plans audacieux et les images filmées au drone créent une intimité étonnante entre le spectateur et les musiciens, que l’on voit rarement d’aussi près. Avons-nous choisi Quinte et sens pour nos yeux ou pour nos oreilles ? Sans doute les deux.

Dimanche 24 janvier à 18h55 sur Arte et sur arte.tv et Philharmonie live jusqu’au 28 février (44′).

En replay

Pierre Boulez, Ravel, Messiaen et Debussy en un concert : à voir absolument

Il n’était pas prévu de consacrer deux choix de cette sélection hebdomadaire à l’Orchestre de Paris. Pourtant, c’est lui qui porte un concert à voir absolument, consacré aux compositeurs français incontournables de ces cent dernières années. En effet, la Philharmonie nous offre sur son site un concert à la programmation aussi qualitative que surprenante : des œuvres de Pierre Boulez combinées à celles de Claude Debussy, Olivier Messiaen et Maurice Ravel. L’hypnotique Initiale pour septuor de cuivres de Boulez introduit Les Offrandes oubliées de Messiaen, préférée par Klaus Mäkëla, 24 ans, à La Cathédrale engloutie, choisie par Ludovic Morlot, initialement prévu à la direction. Submergés quand même, nous n’en sommes pas à la moitié du programme lorsque Pierre-Laurent Aimard, l’un des meilleurs interprètes contemporains de Ravel, fait son entrée sur scène et joue le Concerto pour main gauche, énergique, presque violent, aussi sombre que lumineux. Comme une réponse à une œuvre composée de couleurs vives et de noirceurs, Le Soleil des eaux de Pierre Boulez, vient s’abattre sur nous, avant de conclure par La Mer de Debussy. On ressort de cette plongée complètement vidés.

Disponible sur Philharmonie Live (1h16)

Pelléas et Mélisande : opéra cosmique

À l’origine, Pelléas et Mélisande se déroule au Moyen Âge. Mais Sidi Larbi Cherkaoui et Damien Jalet ont décidé de transformer l’œuvre de Debussy en un opéra futuriste et cosmique, à la limite de la science-fiction. Dans un espace hors du temps, bercé par les ombres et lumières intergalactiques, on assiste, le cœur déchiré, à l’histoire impossible entre Pelléas et Mélisande. Une réadaptation surprenante, accompagnée par Jonathan Nott et son Orchestre de la Suisse Romande. Ça vaut le coup d’œil.

Disponible sur le site du Grand-Théâtre de Genève jusqu’au 31 janvier (2h49).

En VOD

Les Quatre Filles du docteur March : une adaptation joyeuse et dépoussiérée

Rappelez-vous, il fut un temps où les cinémas étaient ouverts. Les Quatre Filles du docteur March, réalisé par Greta Gerwig, sorti en France le 1er janvier 2020, fait le bonheur des amoureux.ses d’une “Nouvelle-Amérique” du XIXe siècle, comme celui des amoureux.ses d’Emma Watson et de Timothée Chalamet. Désormais disponible sur les plateformes de streaming, on se replonge avec plaisir dans cette nouvelle adaptation féministe et dépoussiérée du roman de Louisa May Alcott grâce à une distribution composée des acteurs stars du moment. La musique, signée Alexandre Desplat (le compositeur français de musique de films multi-récompensé, le plus demandé aux Etats-Unis), nous emmène aussi bien au bord de la mer que dans la campagne du Massachusetts.

Disponible sur OCS et My Canal (2h09)

Sur Youtube

Carlo Gesualdo, l’histoire d’un composi-tu-eur

Sur sa chaîne YouTube, Colin Bourget (Salut les mélomanes), reprend les codes humoristiques résolument millenials pour parler de musique classique. Streams, vlogs, formats nerveux, tout y passe. Cette vidéo, pas la plus récente de sa chaîne, s’attarde sur le compositeur italien du XVIe siècle Carlo Gesualdo, coupable d’avoir commandité un double meurtre et au cœur d’autres sales affaires. Une époque à laquelle on avait pour habitude discutable de séparer l’œuvre de l’artiste. Courez vous abonner.