Je vois, je vois… la soprano Lauranne Oliva

BOULE DE CRISTAL – Cette nouvelle rubrique est consacrée à de jeunes espoirs musicaux. Empêchés d’exister en raison du contexte, nous parions qu’ils feront parler d’eux dès le retour des spectacles ! Après le pianiste Gabriel Stern, au tour de la soprano Lauranne Oliva de s’avancer sous le feu de nos projecteurs.

La soprano Marie Perbost, révélation artiste lyrique aux Victoires classique 2020, nous l’avait glissé à l’oreille : “si un organisateur souhaite monter un concert avec une jeune soprano talentueuse, qu’il s’adresse à Lauranne Oliva. C’est la concurrence qui arrive. Elle vient de rafler trois prix à Marmande !”. Après une telle recommandation en forme de boutade, il fallait en savoir plus. Parmi les 170 participants du concours international des Nuits lyriques de Marmande (Lot-et-Garonne), en août dernier, Lauranne Oliva, du haut de ses vingt ans, s’est en effet vu décerner le 1er prix femme dans la catégorie Opéra, le 2ème prix dans la catégorie Mélodie française et le prix spécial du jury Michèle Herbé. Sa prestation dans l’air Ah, non credea mirarti… Ah ! non giunge, de La Sonnambula de Bellini, a notamment marqué les esprits :

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Avec un jury constitué principalement de directeurs de maisons d’opéra, elle aurait dû se voir proposer plusieurs engagements dans des productions importantes. Mais depuis, à part quelques récitals en automne, ce sont les concerts de Noël qui ont dû être annulés ainsi qu’une production dont elle se réjouissait : La Fille de madame Angot au théâtre de Castres. Alors, sagement, elle attend des jours meilleurs, heureuse de constater que beaucoup des concerts prévus en 2020 sont reportés à 2021.

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Perpignan / Strasbourg

Après avoir suivi tout son cursus au conservatoire Montserrat-Caballé de Perpignan, Lauranne Oliva prépare cette année son prix d’excellence dans la classe de perfectionnement de Christian Papis, avec la complicité indispensable de sa pianiste, Émilie Benterfa.

Son rêve : intégrer l’Opéra studio de Strasbourg, à plus de 1000 kilomètres de sa Catalogne natale. La grande diagonale pour cette jeune femme qui n’a pas froid aux yeux, et dont le calme n’a d’égal que le talent et la certitude d’y arriver.

En 2019, elle enregistrait Ah ! Je veux vivre, du Roméo et Juliette de Gounod, avec son fameux contre-ut à la fin. Vivre de son chant en arpentant les scènes lyriques du monde entier, voilà tout ce que l’on peut lui souhaiter.